mardi 1 décembre 2009

S'exercer à écrire une description...

Récemment, j'ai parlé de l'importance de faire user ses cinq sens aux lecteurs, seulement, je n'ai pas proposé d'exercices pour s'entraîner à la description.

Outre la fréquentation du dictionnaire qui permet d'enrichir son vocabulaire et d'ajouter noms et adjectifs inédits à votre arsenal, il est bon de mettre devant soi des photos ou des tableaux, puis de s'atteler à les décrire avec plus ou moins de détails - ceci dit, le but étant de décrire, mieux vaut en mettre plus que moins...

Exemple : Mona Lisa, La Joconde de Léonard de Vinci (Voir le tableau sur le site officiel du musée du Louvre)

Devant une fenêtre qui laissait voir un curieux paysage où la montagne, le chemin et le lac se mêlaient si bien qu'ils ne faisaient plus qu'un, une jeune femme à la peau mate et aux longs cheveux bruns légèrement frisés se tenait assise, les mains jointes. Elle était habillée d'une robe verte foncée aux manches d'un jaune-vert plus clair, sa chevelure recouverte d'un voile sombre. Elle n'avait rien pour attirer les regards à l'exception de ses grands yeux noisettes qui semblaient vous parler et de son mystérieux sourire... Oui, rien que pour son sourire léger, tout juste esquissé, on aurait pu la regarder durant des heures...


Si le coeur vous en dit, n'hésitez pas à poster à votre tour une description de ce tableau (ou d'un autre) dans les commentaires !

9 commentaires:

Yannick a dit…

Jolie description cependant : pourquoi l'imparfait ? Et je trouve que les cheveux sont trop vite esquissés (notamment pour les boucles).

Tu me donnes envie de la décrire ; on verra si je trouve le temps ce soir, faut déjà que j'écrive mon poème du jour...

Surprise... ^^

Michèle a dit…

C'est une femme jeune, au teint dorée, à la peau très lisse et au regard discrètement amusé; elle amorce un très léger sourire.Ses épaules sont dissimulées,en partie par ses cheveux, en partie par un voile, et son décolleté laisse tout juste entrevoir la naissance de sa gorge. On ne distingue pas bien sur quoi reposent ses belles mains nues croisées, qui concentrent la lumière. Derrière elle,s'étend un paysage crépusculaire, où la brume enveloppe des rochers dressés au dessus d'un sombre lac.

Cécile a dit…

Une personne motivée pour décrire la Joconde, une personne qui le fait. Merci ! :)

Le peintre a dit…

http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Joconde

Elle est assise dans un fauteuril de bois sculpté, les deux mains croisées sur l'accoudoir gauche.

Elle nous regarde des ses yeux bleu avec un sourire amusé, comme si elle savait quelque chose que nous ignorons. Et elle s'en amuse.

Elle porte un léger voile sur ses cheveux tirés en arrière en un chignon invisible. Seules deux longues mèches frisées d'un blond roux vénitien encadre son visage poupin.
Se robe d'un vert foret foncé au large décolleté, laisse entrevoir la naissance de sa poitrine. Le voile fait le tour de ses épaules et de ses coudes et ramène notre ragrad vers le sien.

Elle tourne le dos à un paysage de montagne froid et glacé. Elle se trouve dans une loggia d'une villa.

Il nous reste cette sensation de contraste entre la douceur de la dame, de son regard, de son sourire et la dureté de la nature à l'extérieur.

Yannick a dit…

Imaginez donc en explorant une galerie un regard qui vous suit, qui vous colle sur le dos ; vous vous retournez alors et découvrez la coupable.
Au loin, à travers un flot de corps et de bras, vous apercevez des couleurs majestées qui enveloppent le regard ; et les sons s'effilochent tandis que vos pas vous rapprochent.

Loin, quelques têtes la font défiler, une femme aux drapés solennels s'esquisse : quelques ombres chatoyantes, des vaguelettes dorées recouvrent ses bras ; plus haut, une peau d'aquarelle s'éponge sur un visage ordinaires. Mais ses yeux, toujours, vous fixent et vous invitent à deux.

Près, une tranquille mouche se pose puis disparaît, des paysages inconnus prennent rendez-vous : quelques azurs délavés discutent avec des pics rocaillés, ils reposent sur un impassible lit fait de naïades, quelques serpents ocres de terre qui franchissent des monts arides et pointus, et une dame. La dame, elle, elle sourit ; ses cheveux trop lisses se rebellent : quelques bouts frisotent pour chatouiller la belle ! Et quel corps ! quelle taille peinte trônant majestée - la voilà dorénavant mains croisées - sur un accoudoir enduit de bois. Ses deux petits malicieux rigolent en coin, et vous, oubliant la pudeur, tentez un baiser !

Au près, un parfum entremêlé d'éternel et de poussière, des cheveux s'entortillent autour de vos yeux : des arc-en-ciel avancent à l'infini et vous vous perdez dans sa vie. Mais la belle, la dame, vous sourit toujours de ses deux curieux, et, tandis que vous ressentez le creux de son haleine, la belle, la dame, vous dévoile alors son prénom : Lisa.

Anne a dit…

Merci Yannick de cette envolée ;)

Cécile a dit…

Il est fascinant de voir comment chacun s'approprie le tableau et infuse dans son texte, son propre style.

A ce propos, je ne saurais dire au juste pourquoi j'ai choisi l'imparfait... Peut-être parce que le tableau de Mona Lisa, c'est toute une histoire... :)

Michèle a dit…

Un fureteur a découvert une librairie qui s'appelle: "Mona lisait"
ça m'a fait sourire!
Intéressante la description de Yannick!

Yannick a dit…

Merci ! ^^ Sinon, c'est ça qui est génial dans les arts, Cécile, "[pouvoir] sortir de nous, savoir ce que voit un autre de cet univers qui n'est pas le même que le nôtre" (Proust, Le temps retrouvé ; ouais, CAPES...) !

En plus, tu peux contempler cette histoire presque quand tu le souhaites !