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mardi 11 mai 2010

Marc et Animia - Episode Final

Chapitre 15 : Quand vient la fin...

Quand je repris mes esprits au lever du jour, je reconnus le paysage, j’étais à deux pas de chez mes parents. Je regardai mes mains, les griffes avaient disparu ainsi que la peau verte et noire, la fausse chevelure, les vêtements Mungiens, et la combinaison spatiale. R.Obbots me les avaient enlevés et m’avait rhabillé avec les vêtements Terriens que j’avais portés avant ma transformation en Mungien. A mes côtés se trouvaient la chemise dorée et le pantalon blanc achetés sur Zywak, je les roulai sous mon bras et je me dirigeai vers chez moi. Je tapai à la porte et presque immédiatement mes parents encore ensommeillés m’ouvrirent, et ils me serrèrent dans leurs bras. Je protestai, je n’avais plus l’âge. Ils m’ensevelirent sous un tas de questions :
– C’était bien ? Ils étaient gentils ? T’es-tu bien amusé ? Alors ce Bernard ? Et qu’as-tu donc fait ?
– Eh ! Doucement, une question à la fois, je suis seul et vous êtes deux ! Pour résumer, c’était génial et j’ai appris des tas de choses. Bon, je meurs de faim... Si on allait petit déjeuner ?
C’était merveilleux, j’étais chez moi, j’avais encore une semaine de vacances avant de retourner au lycée et j’allais en profiter. Je voulais bien découvrir les étoiles, mais c’était fatiguant et déroutant. Au moins, sur Terre, j’avais des points de repères ! Nous prîmes un copieux petit déjeuner que je dégustai avec plaisir, d’autant plus que ma mère avait fait un gâteau pour fêter mon retour. Je leur en racontai le moins possible sur mes vacances mensongères passées avec « Bernard. » Après le petit déjeuner, je partis me balader dans la montagne en compagnie de mon chien Cookie. Celui-ci m’avait fait la fête dès qu’il m’avait vu. Alors que je gravissais la pente de la montagne, je m’imprégnai du paysage. C’était avec plaisir que je redevenais moi-même : un Terrien adolescent sans responsabilités et sans soucis. Ce fut une longue promenade et je revins alors que le soleil était au zénith. La ballade m’avait un peu fatigué, car je n’étais plus habitué aux longues marches dans la montagne.
En rentrant, j’aurais dévoré n’importe quoi : le grand air ça creuse et l’exercice aussi ! Heureusement ma mère avait préparé le repas et je n’eus qu’à mettre les pieds sous la table.
– Quel appétit vorace ! On dirait que tu n'as pas mangé depuis deux mois ! plaisanta mon père
– C’est parce que j’apprécie les bons petits plats de mam !
Ça changeait des repas de la cantine du lycée et de la nourriture extraterrestre !
– Avec tout ce que tu avales, fiston, tu auras de l’énergie à revendre. Que dirais-tu d’aider ton vieux père après la digestion?
– T’aider à quoi ?
– Le petit muret de derrière la maison s’est écroulé et...
– Oh ! Il part toujours celui là !
– Alors mes deux bâtisseurs, avez-vous aimé mon repas ? demanda ma mère.
– C’était succulent mam !
– Tout à fait, tu es un vrai cordon bleu ! ajouta mon père.
Mes parents et moi, nous fîmes quelques parties de cartes, puis mon père m’enrôla de force (ou presque) pour la reconstruction du muret. Je grommelais, mais en réalité, j’étais content : c’était sympa de bâtir quelque chose aux côtés de mon père. Il était toujours de bonne humeur et plaisantait sans cesse. Au final, ce ne fut pas un, mais deux murets qui furent reconstruits. Comme la nuit tombait, j’allai faire quelques pas le long de la route, puis ma mère m’appela :
– Marc ! Le dîner est prêt.
Nous dînâmes, je me lavai les dents et vint enfin l’heure de rejoindre mon lit. Après avoir échangé les classiques « bonne nuit » avec mes parents, je montai dans ma chambre. Dès mon entrée, dans la pièce plongée dans la pénombre, je courus ouvrir ma fenêtre : dans le ciel où brillaient les étoiles, je vis passer des petites lumières vertes et oranges. J’eus un moment de flou : n’avais-je pas rêvé devant ma fenêtre Animia, Zywak et tout le reste ? Demain n’allais-je pas pour la première fois au lycée ?
Pris de doute, je quittai mon poste à la fenêtre, allumai la lumière et je jetai un coup d’œil dans le miroir : une fine cicatrice à peine visible était présente sur le côté de mon visage. Un rappel inoubliable de ce que j’avais vécu. J’éteignis la lumière et je retournai à la fenêtre. Une brise frôla mon visage, je respirai l’air pur à pleins poumons, et je contemplai le ciel : il était couvert d’une myriade d’étoiles. Désormais, je ne voyais plus du rêve dans le ciel, mais une réalité à découvrir. Je me rendais compte qu’un autre univers s’était ouvert à moi. Je m’imaginais déjà vivant sur des planètes inconnues... En explorant celles-ci, il m’arriverait mille aventures, mais toujours je reviendrais vers le havre reposant du berceau de ma naissance, la Terre. Finalement, le lycée n’était pas si terrible que ça comparé aux mystères des étoiles. Ma vie ne pourrait plus jamais être monotone, car il y aurait des voyages interplanétaires et des lettres venant d’une autre planète. Je soupirai et déposai le rond brillant que j’avais reçu dans la première lettre d’Animia sur le rebord de la fenêtre. J’allais refermer celle-ci quand j’eus l’impression que les étoiles me faisaient un clin d’œil comme si elles partageaient mon secret. Je souris : encore un tour que me jouait mon imagination ! Confiant envers demain, je refermai à regret ma fenêtre.
FIN

Le livre Une correspondante extraterrestre

jeudi 6 mai 2010

Marc et Animia - Episode 47

Chapitre 14 : Ali baba et les 112 tapis - Partie 2/2

Ce fut Plantunia qui me réveilla.
– Grimfilk, debout ! Il est temps de vous préparer pour la fête. Vous devez descendre à 16 heures, vous avez donc une demi-heure pour vous habiller.
– J’ai dormi si longtemps !
– Eh oui ! Mais vous avez eu de rudes journées. Bon je vous laisse !
J’acquiesçai, je dormais vraiment beaucoup ! Cela devait être à cause du changement de planète, cela perturbait mon corps qui avait besoin de plus de repos car il utilisait certainement beaucoup d’énergie pour s’adapter. Je pris une douche express et revêtis mon costume bleu. Tout cela me prit vingt minutes, j’avais donc encore... oh ! Et puis au diable les emplois du temps et les contraintes d’heures ! Et moi qui croyais que les vacances étaient faites pour décompresser, je passais mon temps à regarder l’heure. J’attendis pourtant que les dix minutes s’écoulent avant de prendre l’ascenseur. En bas, une dizaine de Zywakiens m’accueillirent chaleureusement, interrompant même leurs discussions. Les parents d’Animia me photographièrent ce qui m’étonna, mais comme c’était eux... Tiens, mais où était Animia ? On me conduisit à une espèce de table, puis une musique grandiose retentit et apparue une jeune fille toute vêtue de blanc qui avança à pas lents vers moi ?! Oh non ! Ça devait être Animia et ses parents avaient organisé notre mariage. Je ne comprenais pas ! Mais pourquoi ne m’avait-on pas prévenu ? Était-ce normal ? Étais-je en train de rêver ? Les questions se bousculaient dans ma tête : pourquoi ? Qui ? Quand ? Comment ? La cérémonie commença et je restais un peu perdu, mais bientôt je fus pris par la cérémonie que je voyais comme si j’étais à l’extérieur et qu’il ne s’agissait pas de moi. Animia m’entraîna dans une étrange danse et puis un Zywakien nous lança à chacun un cerceau qui était attaché par un ruban à celui de l’autre. Je ne sais pas par quel miracle je parvins à le rattraper. Les invités entamèrent un chant :
« Par les anneaux du mariage, ils sont unis
Et pour leurs jeunes âges, la vie leur sourit
Que vont-ils répondre ? Telle est la question ?
Tout cela va dépendre, c’est le sujet de la chanson,
Il n’y a pas de doute leurs réponses termineront par I ! »
– Oui, oui, oui, c’est ainsi ! chantonna Animia et elle me fit un discret signe de la main.
– Oui, oui, oui, c’est la vie ! baragouinai-je hébété.
– Oui, oui, c’est l’unique réponse à cette question ! reprirent les invités d'une seule voix.
Je me serais cru au beau milieu d’une comédie musicale, si je n’avais pas su qu’il s’agissait d’une cérémonie de mariage. Animia et moi signâmes un papier et j’entendis :
– Vous êtes désormais unis par les liens sacrés du mariage.
Il y eut une joyeuse fête auquel je ne participais pas, plongé comme j’étais dans un abîme de réflexions. En tout cas, je ne pouvais pas dire que j’étais malheureux de quitter Zywak, les aventures c’était bien, mais à petites doses. Et puis j’étais pressé de prendre de vraies vacances, des vacances sans horaires, aussi c’est avec plaisir que je vis arriver le moment où les parents d’Animia me conduisirent à la navette. Ce ne fut pas l’Assorien qui m’accueillit à bord : il m’avait bien dit qu’il ne couvrirait pas ce vol là, mais je fus quand même déçu. Il y avait déjà des passagers, ce qui limita mon choix pour ma place. Je rangeai mes bagages à l’endroit prévu à cet effet, et à peine m’étais-je assis que j’eus la surprise de voir arriver Animia.
– Est-ce que je peux m’asseoir à tes côtés Grimfilk ?
– Bien sûr, mais que fais-tu ici ?
– Je vais tout expliquer, murmura-t-elle.
– Oui, j’aimerais bien savoir pour le mariage, chuchotai-je réalisant enfin que j’étais marié.
Elle s’assit après avoir ajouté une malle à mes bagages.
– Alors ? demandai-je avec impatience.
– Sur Zywak, une fois les fiançailles annon-cées officiellement, le mariage peut avoir lieu n’importe quand...
– Ah bon ?!
Elle hocha la tête en signe d’assentiment et poursuivit son discours :
– Même moi, je n’ai pas été prévenue, c’est ma mère qui m’a choisi ma robe de mariée.
– Pourquoi es-tu là ?
–L’épouse accompagne le mari dans sa demeure.
– Comment va-t-on faire ?
– Ne t’inquiète pas ! J’ai réfléchi à tout pendant la fête : avec ma dot, tu pourras rentrer chez toi et moi j’irais habiter sur Mungy...
Une voix annonça, interrompant Animia :
– Décollage éminent, veuillez attacher vos ceintures !
– C’est quoi ta dot ? demandai-je.
– R.Obbots et sa navette de secours, mes vêtements, Pinfin mon animal, deux pierres rares, mes deux robots et tous mes livres ordinateurs ainsi qu’un ordinateur très puissant. Ma dot sera envoyée par mes parents plus tard, mais je téléphonerai à la maison et demanderai à R.Obbots de venir et de te ramener chez toi.
– Les deux pierres rares suffiront pour acheter une maison ?
– Je crois que oui !
–Je vais te confier ma prime.
– C’est gentil Grimfilk, mais tu n’es pas obligé.
– On est marié non ? dis-je d’un ton railleur.
– Grimfilk, tu sais, ce mariage n’est valable que dans les T.N.D.P., donc dans l’avenir, tu pourras te remarier où tu sais.
– Je serais bigame !
– Mais personne ne le saura jamais et...
– ...oui, mais si toi tu désires épouser un Zywakien, tu ne pourras pas.
– Tu as raison, je n’y avais pas pensé sous cet angle là.
– Connaît-on le divorce sur ta planète ?
– Évidemment !
– Et on l’applique ?
– Rarement, mais c’est faisable. Voilà, tous les problèmes qui se posaient sont réglés !
– Eh ! Pas si vite, tes voisins ne comprendront sûrement pas pourquoi ton époux n’est jamais là.
– Tu pourras toujours venir pendant tes vacances et puis, je raconterai que tu travailles sur d’autres planètes.
– Je n’aurai pas forcément la possibilité de venir à chaque vacances...
– Je viendrai dans ce cas là sous les traits de ton ami Bernard et je dirai aux voisins que je rejoins mon mari. Quand penses-tu ?
– Et par quel moyen de transport ?
– Par la navette de secours de R.Obbots ou si j’ai suffisamment d’argent, j’achèterai une navette comme celle qui t’a conduit de la Terre à la plate-forme.
– Auras-tu assez d’argent pour acheter une maison, une navette et vivre ?
– J’ai précisé pour la navette que c'était seulement si j’en avais suffisamment et puis, je pourrai travailler dans cinq ans, j’aurais le droit.
– Et tu...
– ...Je me débrouillerai d’ici là, les pierres rares et ta prime suffiront.
– Ce ne sera pas un peu juste pendant cinq ans ?
– En me serrant la ceinture, et en abandonnant l’idée d’acheter une navette, cela devrait aller, enfin je crois.
– Hum. On dénichera bien une solution d’ici là, si des problèmes se posent, je crois que j’ai projeté un peu loin dans l’avenir.
– Oui, nous avons le temps.
– Continuons-nous à correspondre ?
– Cela me paraît évident ! Oui !
– Au fait, pourquoi tes parents ont subitement décidé de nous marier ?
– A vrai, dire je ne sais pas trop, mais il y a deux ou trois possibilités.
– Lesquelles ?
– Mes parents voulaient se débarrasser de moi ou ils croyaient ma réputation fichue et ils ont préféré me marier ou ils ont compris que tu étais quelqu’un d’accompli et qu’il ne se présenterait pas beaucoup mieux comme parti.
– Tu plaisantes j’espère !
– Je n’ai fait que donner mon avis.
– C’est triste de penser que l’on va se quitter, même si je suis heureux de rentrer chez moi.
– Nous ne serons pas vraiment séparés vu que nous continuerons à nous écrire.

Il n’y eut pas d’incident cette fois-ci pendant le voyage, et le temps s’écoula rapidement grâce à nos discussions amicales. Enfin nous débarquâmes tout près de Mungy sur la plate-forme où se trouvaient des navettes. L’heure de la séparation approchait à grands pas. Animia appela R.Obbots comme elle me l’avait annoncé.
– Il arrivera bientôt, tu n’as plus qu’à attendre. Je suis désolée de ne pouvoir rester avec toi, mais il faut que je trouve une personne qui acceptera de m’emmener sur le sol même de Mungy.
– Je comprends, dis-je, me souvenant que les taxis n’existaient pas dans les planètes de la T.N.D.P.
Les adieux furent brefs, car Animia était pressée et moi j’étais ailleurs, déjà retourné sur Terre dans mon esprit. L’attente ne fut pas longue, et bientôt R.Obbots atterrit. Il me fit entrer dans la navette de secours, je programmai celle-ci pour aller sur Terre pas loin de chez mes parents sous la surveillance du robot qui corrigea mes erreurs. La navette de secours décolla brutalement, et je me cognai la tête contre la paroi. Le choc m’assomma et je perdis conscience.

(Fin du chapitre 14)

Le livre Une correspondante extraterrestre

mercredi 5 mai 2010

Marc et Animia - Episode 46

Chapitre 14 : Ali baba et les 112 tapis - Partie 1/2

J’étais tellement énervé que je dormis fort mal. A 6 heures, je descendis prendre mon petit déjeuner : personne ! Ce n’est qu’une demi-heure après que le père d’Animia vint me chercher. Ensemble nous montâmes en haut de la cloche où il prit le volant d’un engin beaucoup plus spacieux que celui qu’Animia conduisait. J’étais mal à l’aise, je ne réussirais jamais à vendre 112 tapis en une journée, d’ailleurs qui pouvait ? Peut-être un excellent vendeur qui a des années d’expériences derrière lui ou un chanceux. Oui, tout ce qu’il me fallait c’était de la chance, énormément de chance. J’aurais mieux fait de refuser le défi, mais alors j’aurais dû dire adieu aux aventures dans l’espace, aux découvertes fabuleuses et aux voyages dans les étoiles. Par contre, même si je perdais le défi, je ne serais pas forcé de quitter tout cela. Ce ne serait qu’une question d’orgueil et d’amour-propre.
– Nous sommes arrivés, tu peux descendre Grimfilk, bonne chance ! cria le père alors que je quittais l’engin.
– Salut ! s’exclama une statue... Euh... une créature de pierre.
– T’es le Mungien qui vient pour obtenir le diplôme ? continua l’individu.
– Oui !
– Suis-moi dans la boutique que je t’explique !
Il se mit à marcher et j'entrai à sa suite à l'intérieur du magasin.
– Voilà les tapis à vendre mon gars, bonne chance et à plus tard.
Je le regardai s’éloigner. Je fis le tour du magasin - ce qui ne fut pas long - il était plein de tapis de toutes sortes, mais je devais vendre ceux que le type en pierre m’avait désigné : les tapis en question étaient laids avec leurs grosses fleurs rouges avec des cœurs bleus sur fond mauve et en plus ils coûtaient trois pierres de troisième classe dix-huitième degré, ce qui n’était pas rien. Un client se présenta environ un quart d’heure après mon arrivée.
– Je suis juste venu regarder, me prévint-il alors que je m’approchai de lui.
Ça commençait mal, et je me sentais déjà découragé. Je réfléchis, ces tapis j’en vendrais dix et encore, c’était un maximum à moins d’un miracle ou d’une idée géniale, ce qui était du pareil au même. J’eus une illumination, je pris l’un des tapis à vendre et une paire de ciseaux qui traînait là et je me mis à découper des formes géométriques dedans. Intrigué le client s’avança et demanda :
– Que fabriquez-vous ?
– C’est un nouveau jeu pour enfants, le puzzle tapis.
– Ça coûte combien ?
– Trois pierres de troisième classe dix-huitième degrés.
– C’est cher !
– Mais c’est son prix.
Je réussis à en écouler 6 comme ça en comptant le premier, mais pas mal de clients repartaient avec les mains vides ou avec d’autres tapis bien plus jolis. Je devais découvrir une meilleure idée. Je réfléchis... réfléchis, le temps passa et je finis par trouver : il fallait utiliser ma célébrité. Je me postai à la porte de la boutique et criai :
– Qui veut un tapis dédicacé par le Mungien sauveur de la navette ? Qui n’a pas son tapis dédicacé ?
Des passants me reconnurent et entrèrent dans la boutique où je parvins à vendre 14 tapis signés de ma main. D’une façon ou d’une autre l’histoire se propagea et à midi, il ne me restait plus que 65 tapis. Il y eut ensuite un long temps mort, mais la vente reprit à quatorze heures, encore 20 partirent, puis 15. Je refis les comptes, il me restait 30 tapis à vendre.
A dix-neuf heures, j’avais sur les bras 20 tapis et les clients se faisaient plus rare. J’en vendis 3 à des personnes qui allaient à un dîner et qui avaient oublié les cadeaux qu’ils comptaient offrir. Plus tard, un fou m’en acheta 11 non dédicacés pour les accrocher à ses murs.
A vingt et une heures, je possédais encore 6 tapis, mais j’étais si fatigué que je m’endormis sur une des carpettes que je devais écouler.
A cinq heures du matin, une personne me réveilla, et m’acheta le tapis sur lequel j’avais dormis. Il m’aida à noter dans sa langue ceci : ici a dormi Grimfilk Gastorien qui a permis le retour d’une navette pleine de passagers dont il faisait partie et c’est LUI qui écrivit ces mots avec mon aide. Je signai le message et réussis le tour de force de lui refiler un tapis puzzle. Je n’avais plus qu’un peu plus d’une heure et demie pour vendre les 4 tapis restants.
A six heures et quart, je commençais à m’inquiéter sérieusement, personne ne venait et j’en possédais toujours 4. Et puis, il y eut un miracle : une passagère de la navette entra.
– Je vous remercie d’être allé récupérer la pièce, je suis venue quand j’ai su que vous étiez ici.
Elle m’acheta les 4 tapis sur lequel je dus, avec son aide, écrire quatre dédicaces différentes qu’elle me demanda d’inventer. Après son départ, je sautai de joie, j’avais remporté le défi !
Peu de temps après, le père d’Animia et deux Zywakiens que je n’avais jamais vu arrivèrent.
– Alors ? m’interrogea le père.
– Les 112 tapis ont été vendus ! dis-je.
– Non, annonça l’un des inconnus.
– Effectivement, il n’en a même pas vendu un seul ! s’exclama l’autre en montrant une pile de tapis aux couleurs changeantes.
– C’était ceux-là qu’il fallait vendre ? Mais on m’a dit que je devais vendre les tapis à grosses fleurs rouges ! protestai-je.
– Quoi ! cria le père d’Animia.
– Il y a eu une erreur, murmura l’inconnu qui avait parlé en premier.
– Il a écoulé les tapis invendables, il aura donc son diplôme, annonça l’autre.
– Pas question ! répliqua violemment le premier.
– Il a réalisé un travail plus difficile que prévu et ce n’est pas lui qui s’est trompé, c’est la personne qui l’a accueilli, intervint le père.
– Vous avez raison ! s’exclamèrent les inconnus d’une seule voix.
L’un d’eux me tendit une plaque métallique où était gravée que Grimfilk Gastorien avait obtenu son diplôme de vendeur. Le père d’Animia m’embarqua dans la navette après les salutations.
A mon retour, je me couchai dans le lit flottant pour me remettre de ma fatigue et de mon mal de dos (le tapis sur lequel je m’étais endormi la veille n’était pas très confortable et plutôt dur comme il était posé sur le sol.) Le sommeil m'emporta rapidement.

(Suite et fin du chapitre 14 qui est l'avant-dernier chapitre du roman dès demain !)
Le livre Une correspondante extraterrestre

mercredi 28 avril 2010

Marc et Animia - Episode 45


Chapitre 13 : Les journées passent...

Ce matin là, j’eus le plaisir de constater que mon ami Assorien était venu me chercher. J'avais effectivement dormi tard, aussi les parents de ma correspondante étaient déjà partis à l’arrivée de Rsim-Agrop. Ce dernier m’embarqua à son bord sans même me laisser petit déjeuner ou placer un mot. Il me fit visiter entièrement sa maison dont j’avais déjà aperçu deux pièces lors de mon premier passage. J’admirai son lit volant qui berçait son dormeur et qui jouait de la musique. Je pus constater la différence avec la maison des parents d’Animia : les meubles étaient plus bas et plus massifs. Il était évident que mon ami l’Assorien était d’une toute autre envergure que les Zywakiens. Sa maison avait la forme d'une pyramide. Il m’obligea à goûter une spécialité Assorienne : la chose pâteuse qu’il avait posé devant moi, avait une saveur surprenante et j’en repris plusieurs fois.
– Je suis étonné ! s’exclama-t-il.
– Je suppose que je dois être le seul Mungien a aimer cela.
– Oui, j’en avais donné à des passagers Mungiens et ils avaient tous sans exception détesté ça.
– Pourquoi m’en as-tu proposé alors ?
– Parce que je n’ai pas autre chose chez-moi !
– Si j’aime cela, je pense que mes origines Lombr... tu sais quoi ! plaisantai-je.
Il partit d’un grand éclat de rire et dit :
– Il faudrait que tous les Mungiens aient un parent Lombrien !
– D’en ce cas là les Mungiens n’existeraient plus, ils finiraient par devenir tous des Lombrungiens.
Il me désigna une autre pile de journaux ordinateurs.
– Deuxième pillage chez le vendeur ! annonça-t-il.
Je vis des photos de la conférence et crus deviner que pas mal de mes paroles avaient été déformées, mais je ne pus en être certain vu qu’il n’y avait pas de traduction en Terrien ! Je dénichai aussi le journal qui avait publié la photo où je tenais la main d’Animia ainsi que celui où les parents de ma correspondante annonçaient publiquement nos fiançailles ( Rsim-Agrop me l’avait lu.)

La matinée passa très vite et c’est avec regret que Rsim-Agrop me ramena à la maison où je séjournais. Animia m’accueillit avec un tablier.
– J’essayais de préparer un repas Terrien pour le déjeuner, m’expliqua-t-elle.
– C’est quoi ? questionnai-je, amusé.
– Frites et bifteck ! Et ne ris pas s’il te plaît, j’ai eu beaucoup de mal à obtenir la viande et les pommes de terres Terriennes, j’ai été obligée d’envoyer R.Obbots sur Terre. Et c’est pour te faire plaisir que je l’ai fait ! Je sais qu’il est déjà 14 heures passées, mais ce n’est pas grave, nous mangerons tard, c’est tout.
– Puis-je t’aider ?
– Si tu veux, comme ça tu verras la pièce où l’on prépare les repas.
C’était une grande pièce blanche, recouverte de touches chiffrées. Animia appuya sur 1 et une table apparut, sur 2 les fourneaux, sur 3 les plats, sur 4 les ingrédients, sur 5 les livres de cuisines, sur 6 la poubelle, sur 7 les ustensiles.
– Est-ce que l’on trouve une machine à fabriquer les frites ici ?
– Non Marc, cela n’existe pas sur Zywak !
– Et le couteau pour éplucher et couper ça existe ?
– C’est inutile.
Elle pressa une touche et je vis un grand cube bleu apparaître, Animia mit les patates dedans, j’entendis un bruit de moteur et les pommes de terres épluchées apparurent sur la table.
– Comment les patates se sont-elles retrouvées sur la table ? demandai-je, ébahi.
– C’est de la téléportation. Personne n’a encore découvert le moyen de téléporter un être vivant ou une chose sur une longue distance et on ne peut téléporter que sur environ cinq mètres, ce qui n’est guère intéressant, mais a quand même son utilité.
–Ah ! Et maintenant, il faut couper les pommes de terres en fins rectangles.
– Je suis désolée, mais je n’ai pas de machines pour cela !
– Revenons aux bonnes vieilles méthodes ! Le couteau est un ustensile utile en fin de compte, n’est-ce pas Animia ?
–Je retire le mot inutile, prends un couteau !
Nous coupâmes, fort mal, il faut le reconnaître, les patates et à la fin nous obtînmes des frites plutôt bizarres. La cuisson de la viande fut plus rapide et ne nous posa aucun problème.
Enfin nous pûmes manger un repas Terrien : les frites étaient presque carbonisées et la viande n’était pas assez cuite ! Mais nous appréciâmes quand même le repas car nous nous étions amusés comme des fous à le préparer.
– Alors Marc, que dis-tu de mes talents de cuisinière ?
– Euh... La prochaine fois, cuisine plutôt un plat Zywakien.
– Toi aussi tu fais un piètre cuisinier, tu aurais dû me donner des conseils plus judicieux, après tout c’était un plat typiquement Terrien !
– Je n’ai pas l’habitude de faire des frites et mon bifteck était très bon ! Je l’aime saignant.
– Tu aurais pu penser à moi !
– Désolé, dans tous les cas on s’est bien amusé, hein ?
– C’est bien vrai ! Que le temps passe vite !
– Pourquoi dis-tu ça ?
–Ton séjour va bientôt s'achever !
– Ouais ! Mais je ne serais pas fâché de retrouver la routine de ma planète.

Nous étions tranquillement en train de bavarder quand nous entendîmes un bruit, c’était les parents d’Animia. Ma corres-pondante les regarda droit dans les yeux, puis leur tourna le dos et prit l’ascenseur. Je fis un geste pour me lever et la retenir, mais le père m’arrêta :
– Laissez cette enfant gâtée !
J’eus envie de protester, après tout j’avais le même âge qu’elle, seulement sur Zywak, c’était une autre affaire, j’étais considéré comme un Mungien adulte. Combien de fois devrais-je me le répéter ? Je ne pouvais en vouloir aux parents d’Animia de suivre ce qu’on leur avait enseigné dans leurs jeunes années, cependant cela ne m’empêchait pas de me sentir coupable vis à vis d’Animia. Je n’étais pas sympa, j’aurais dû être solidaire avec les gens de mon âge, mais d’un autre côté je devais m’avouer que je ressentais une certaine fierté à ce que l’on me considère comme un adulte.
– Alors Grimfilk, c’est d’accord ?
D’accord pour quoi ? Mince ! Tandis que j’étais en train de m’interroger, le père d’Animia avait entamé un discours dont je n’avais pas entendu un seul mot !
– Vous paraissez bien pensif, déclara la mère d’Animia.
– Je dois vous avouer que j’étais... ailleurs quand vous avez parlé tout à l’heure, excusez-moi vraiment, mais pourriez-vous répéter ?
– Bon, je recommence, mais soyez attentif ! s’exclama le père.
J’étais ébahi, il n’était pas en colère ! Miracle !
– Voilà, au lieu de simplement nous accom-pagner à notre travail, je vous propose de relever un défi...
– ...UN DEFI ? Quoi comme défi ?
– Vous m’auriez laissé terminer, je vous aurais expliqué... enfin... le défi consiste à vendre 112 tapis identiques en 24 heures et pas questions de baisser leur prix.
– Que se passe-t-il si je perds ?
– Vous n’obtiendrez pas le diplôme de vendeur.
– Mais, s’il s’agit d’obtenir un diplôme, pourquoi parlez-vous de défi ?
– Ça, c’est mon problème, alors, acceptez-vous ?
– Si je dis non, que se passe-t-il ? demandai-je, car je savais que les parents d’Animia ne me proposaient pas ça pour rien.
– Plus de correspondance avec Animia après rupture des fiançailles !
– Mais c’est une sorte de chantage ! protestai-je.
Cela ne me dérangeait pas qu’ils rompent les fiançailles, mais ne plus correspondre avec Animia, c'était impensable !
– C’est peut-être bien un chantage, mais ce n’était pas prévu que vous fassiez tant de manières, je vous croyais plus courageux...
Cela piqua mon orgueil.
–Il faut être prudent avant de s’engager mais j’accepte, je relève le défi ! m’exclamai-je.
Au moment où je prononçai ses mots, je compris que j’avais foncé tête baissée dans le piège que le père m’avait tendu, mais trop tard, je m’étais engagé !
–Bien ! Demain je vous conduirai à la bou-tique, soyez prêt à 6 heures et demie. Maintenant que tout est réglé, dînons, dit le père.
– Je n’ai pas faim, Animia et moi avons déjeuné tard et puis de toute façon, il faut que je me couche tôt pour être en pleine forme demain.
– Bonsoir ! s’exclamèrent les parents d’Animia d’une seule voix.

(Fin du Chapitre 13)
Le livre Une correspondante extraterrestre

mercredi 21 avril 2010

Marc et Animia - Episode 44

Chapitre 12 : La visite - Partie 2/2

Samsy m’amena au musée.
– Le seul de Zywak, Grimfilk !
Je compris pourquoi en le voyant, le bâtiment faisait au moins 80 fois la pyramide du Louvre. Nous visitâmes la partie « Toutes les planètes présentées. » Je voulus voir la Terre et je fus sidéré par les gigantesques panoramas de la Terre qui défilèrent sur un écran. Une voix racontait l’histoire de ma planète et était accompagnée d’un petit film. Dans des vitrines, les Zywakiens avaient exposé des échantillons de nourriture, des meubles et autres bric à brac. La matinée passa à la vitesse de l’éclair, j’avais regardé les présentations des planètes Terre, Zywak, B113, Mungy, Assora, Hantomie, Belly et Mars, Mars dont j’avais vu les habitants : c'étaient des petits bonshommes qui changeaient de couleurs comme des caméléons et qui pouvaient se dissocier en grains de sable. Cela me faisait bizarre de penser que j'étais le seul Terrien à savoir qu’il y avait bien de la vie sur Mars et à en être sûr. L’après-midi, nous nous promenâmes au-dessus de Zywak, puis nous descendîmes au zoo qui appartenait également au musée. Je vis plein d’animaux étranges dont un genre de dragon et deux dinosaures récupérés certainement par les Zywakiens avant que la race ne disparaissent sur Terre, ce qui signifieraient que Zywak était plus vieille que la Terre et qu’elle avait dû obtenir plus rapidement toutes ces technologies que nous ne possédions pas encore. Avant de rentrer, Samsy me proposa d'aller boire un coup.
– D’accord ! répondis-je.

C’était un bar à la forme carrée. L’intérieur m’étonna, mais il faut avouer que je passais la majeure partie de mon temps à cela. Les tables volaient et les sièges étaient suspendus dans les airs ; il n’y avait pas de comptoir, un robot prenait commande des boissons et les tables rondes revenaient avec. Samsy Garence dénicha deux sièges libres et réclama au robot :
– Deux Glawit !
Notre table s’envola et revint avec deux verres remplis d’un liquide mousseux aux couleurs de l’arc-en-ciel. Je bus prudemment une gorgée, c’était brûlant, mais le goût était potable.
– Alors Grimfilk, tu es le héros dont parle tous les journaux ordinateurs ?
– Oui, mais cela ne durera pas, bientôt un autre événement se produira et je serais rangé dans un placard destiné à l’oubli.
– Tu ne seras ni le premier ni le dernier, j’ai eu mon temps de gloire moi aussi. J’avais sauvé une jeune fille qui était tombée d’un engin volant, et elle s'est amouraché de moi, mais j’aimais quelqu’un d’autre à l’époque. La jeune fille, par dépit, épousa quelqu’un proche de moi, qu’elle a d’ailleurs fini par aimer profondément. Ensemble ils ont eu un enfant. Malheureusement la jeune femme que j’avais sauvée se sent depuis lors gênée en ma présence. Ne devines-tu pas comme elle s’appelle ?
– Non, je ne vois pas.
– Elle se nomme Plantunia.
– Pourquoi me racontes-tu cette vieille histoire Samsy ?
– Parce que tu vas faire partie de la famille tiens donc ! De plus, je préfère que tu sois au courant, car cela t’évitera de commettre des impairs à l’avenir.
– Le père d’Animia est-il au courant ?
– Je crois qu’il a deviné en partie.
– Et Animia ?
– Sa mère lui a raconté pour soulager sa conscience et depuis, dès que ma nièce me voit, elle est triste pour sa mère.
– Plantunia est toujours gênée pour quelque chose qui s’est produit, il y a plus de quinze ans !?
– Eh oui ! Enfin tu es prévenu !
– Si on y allait maintenant ?
– Attends ! Tu n’as pas fini ton Glawit.
J’absorbai la boisson d’un seul coup.
– Je suis admiratif ! s’exclama Samsy.
– De quoi ?
– C’est rare de rencontrer quelqu’un qui le boit le Glawit si vite.
Tout à coup, je ne sus plus très bien où j’en étais, j’étais un Terrien et non un Mungien, j’avais quinze ans et je n’étais pas un adulte. Tout se brouillait dans ma tête : Mungien adulte sur Zywak ou Terrien adolescent sur Terre ? Je ne pouvais pas dire que je n’aimais pas le Glawit et que c’était pour cette raison que je l’avais bu vite. Sur Zywak ou sur Terre, sur ma planète... Je devins nostalgique : l’unique soleil brillant dans le ciel bleu...
– Eh ! Grimfilk, tu viens ?
D’un signe de tête j’acquiesçai et je le suivis.

Je ne sais par quel miracle j'arrivai à bon port, ni comment je saluai Samsy qui repartait. J’avais l’esprit ailleurs, sur une autre planète : la mienne.
– Grimfilk ! Grimfilk ! Marc ! Marc ! Marc !!!
Les cris d’Animia me rappelèrent à la réalité.
– Ça va Marc ?
– Oui, oui.
– Qu’avais-tu donc il y a un instant ?
– Je réfléchissais, mentis-je.
– A quoi ?
– Mystère !
Qu’avais-je donc eu, il y a un instant ? Cela devait être à cause du Glawit !
– Alors, raconte-moi, qu’as-tu visité ?
– Le grand musée, enfin une partie... Que contient le Glawit, Animia ?
– Rien que tu ne connaisses j’en ai peur, les plantes avec lesquelles on fabrique la boisson n’existent pas sur Terre, elles ne poussent que sur Zywak.
– Le Glawit a-t-il un effet secondaire ?
– Il abrutit un peu quand on le boit trop vite, pourquoi ? En aurais-tu bu ?
– Oui, avec Samsy !
– Oh ! Je comprends mieux l'air que tu avais il y a un instant. Je crois avoir lu quelque part que certains individus boivent du Glawit pour perdre la notion de ce qui les entourent... Cependant, l’effet est relativement court. Te sens-tu bien maintenant ?
– Tout à fait, je suis en pleine forme !
Et je ne mentais pas en le disant. Je me jurai de ne plus prendre une seule boisson sur Zywak avant d’en connaître les effets. Ce qui me fit penser à la fable de La Fontaine avec le renard et le corbeau : j’avais juré, mais un peu tard, comme le corbeau ! La surprise avait été plutôt désagréable !
– Je ne descendrai pas au petit déjeuner demain, me confia Animia après le dîner.
– Ma foi, moi non plus, cette journée m’a tellement fatigué que je crois que vais dormir tard !

(Fin du Chapitre 12)
Le livre Une correspondante extraterrestre

jeudi 15 avril 2010

Marc et Animia - Episode 43

Chapitre 12 : La visite - Partie 1/2

Le lendemain au petit déjeuner, Animia demanda à ses parents:
– Puis-je accompagner Ma... Grimfilk pour sa journée de tourisme ?
– Il n’en est pas question, tu as fait assez de bêtises comme ça ! Heureusement que nous avions déjà annoncé vos fiançailles à un journal avant que vous ne vous teniez par la main ! répliqua le père.
– Ce n’est la faute d’Animia, c’est la mienne! protestai-je.
Le père me lança un regard bienveillant qui me surpris fortement. Que signifiait tout cela ? Je n’y comprenais plus rien, j’étais complètement perdu !
– Animia pouvait refuser en lâchant votre main quand vous avez pris la sienne.
Voilà qui ne m’éclairait pas beaucoup.
– Toutes les erreurs sont d’Animia et pas de vous, cher futur gendre.
Je n’étais pas du tout d’accord, mais étant donné que je n’avais pas encore tout saisi, je me tus.
– Nous allons devoir partir. Au revoir Grimfilk et passe une bonne journée ! dit le père d’une voix aimable. Toi, tu restes ici Animia ! reprit-il d'une voix sévère.
Je ne trouvai rien à répondre d’aimable au père en échange de sa gentille phrase, j’avais juste envie de lui crier « mais c’est injuste, injuste ! »
– Au revoir, merci et bon courage pour votre travail ! baragouinai-je pour finir avant qu'ils ne partent.
– Pourrais-tu m’expliquer, Animia ? réclamai-je.
– Expliquer quoi ? répondit-elle avec une moue boudeuse.
– Mais enfin, le comportement de ton père !
– Oh ! Comme tu es un Mungien, que tu es un homme, que tu as prouvé ton courage par le sauvetage de la navette, et que tu as montré ta valeur pendant votre discussion d’homme à homme, tu es mieux considéré que moi qui ne suis qu’une gamine de quinze ans qui n’a pas beaucoup de bon sens. C’est une attitude classique sur Zywak.
– Mais, moi aussi j’avais des torts, ce n’est pas normal !
– Si ! affirma Animia.
– Mais hier, tes parents m’ont fait la tête !
– Non, c’était juste à moi, s’ils ne t’ont pas parlé, c’est parce qu’ils réfléchissaient à mon propos.
– Tu en es sûre ?
– Mais c’est une manie que tu me demandes ça ! J’en suis certaine.
– Et tous les mâles des T.N.D.P. sont comme ça ?
– Non, c’est juste sur quelques planètes. D'ailleurs, sur certaines, c’est même pire que sur Zywak !
– Sur Terre…
Un téléphone sonna, coupant ma phrase. Animia décrocha quelque chose sous la table et me lança... le téléphone.
– Réponds Marc, je n’ai pas envie de parler.
– Allô ? dis-je bêtement.
– Salut ! C’est moi Samsy !
– Bonjour Samsy, c’est Grimfilk à l’appareil.
– Puis-je parler à mon frère, s’il te plaît ?
– Il vient de partir travailler, il y a quelques instants.
– Bon, alors je rappellerai !
– Attends, je...
– ...Félicitations pour tes fiançailles, au fait.
– Je voulais te demander…
– ...ce que j’en pense ?
– Non, je désirais te demander si tu ne voulais pas me faire visiter Zywak ?
– N’as-tu pas déjà tout vu ?
– Non et j’aime bien la compagnie !
– Et Animia ?
– Elle n’a pas envie, répondis-je, voulant ménager la fierté de ma correspondante.
– Bon d’accord, je passe te prendre. A toute suite !
– Merci de...
J’entendis un clic, Samsy avait déjà raccroché.
– Qui était-ce Marc ?
– Samsy Garence, ton oncle, il accepte de m’emmener visiter Zywak.
– Génial ! Je monte lire, murmura Animia sans enthousiasme.
– Ça ne te dérange pas ? Demandai-je, me sentant vaguement coupable de la laisser.
Je ne voulais pas l’abandonner, mais je mourrais d’impatience de découvrir Zywak.

Le livre Une correspondante extraterrestre

mercredi 31 mars 2010

Marc et Animia - Episode 42

Chapitre 11 - Partie 3/3

Le Bucar était un caisson avec deux fenêtres et quatre places assises. Nous nous installâmes et le Bucar démarra.
– Demain, j’aimerais bien visiter tout seul, dis-je tout à coup.
– Tu ne peux pas, c’est trop risqué !
– J’aimerais traîner tout seul, d’ailleurs je ne vois pas ce qu’il y...
– ...de toute façon, il te faut un moyen de transport et donc un chauffeur.
– Ne trouve-t-on pas des transports communs sur Zywak ou des taxis ?
– A part le Bucar, il n’en existe pas, il est obligatoire de posséder un moyen de transport volant et donc on doit savoir conduire.
– Ton oncle ne pourrait-il pas m’accom-pagner ?
– Tu préfères que je ne vienne pas, c’est ça ?
– Moi je veux bien, mais je parie que tes parents ne voudront pas.
– On verra bien demain matin, et si mes parents disent non, je suis d’accord pour que tu appelles mon oncle.
– D’accord !
– Alors, que penses-tu de mes parents maintenant ?
– Franchement ? Sans mentir ?
– Évidemment, je préfère savoir la vérité !
– Méfiants, sévères, vieux jeux et ne faisant pas confiance.
– Et les qualités, Grimfilk ?
– Je n’ai pas eu trop l’occasion de les voir, mais ils sont honnêtes et capables de pardonner. Si tes parents en ont d’autres, ils les cachent bien.
– J’ai bien envie de rencontrer tes parents, pour comparer…
– Un jour peut-être...

Quand j'entrai dans la salle de bal, quelqu’un m’annonça :
– Monsieur Grimfilk Gastorien !
Toutes les têtes se tournèrent vers moi et une ribambelle de Zywakiennes m'entoura, me séparant d’Animia. Je dus répondre à mille et une questions comme ce matin à la con-férence, mais ça me flattait d’être encerclé de jolies extraterrestres. Plus tard dans la soirée, j’aperçus Animia discutant avec un garçon Zywakien et cela m’agaça. Toujours suivi des filles, répondant de plus en plus distraitement à leurs questions, je me dirigeai vers Animia. Celle-ci parut heureuse de me voir.
– Pourrais-je avoir l’honneur de récupérer ma cavalière, qui, je l’espère, daignera de m’accorder cette danse ? demandai-je.
Animia hocha la tête, je m’arrachai à mes admiratrices et je me mis à danser avec ma correspondante (fort mal je le reconnais, car je ne savais rien sur les façons Zywakiennes de danser, et même si cela ressemblait un peu à la valse, cela ne m’avançait guère puisque la valse n’était pas dans mes cordes.)
– Que voulait-il ?
– Je suis très contente que tu sois venu Grimfilk, je ne savais plus comment lui faire comprendre que je ne désirais pas le suivre sur la terrasse, c’est inconvenant !
– Décidément, on se croirait au dix-neuvième siècle ! dis-je tout haut alors que je voulais juste le penser.
– Qu’est-ce donc ?
– Je t’expliquerai une autre fois, les oreilles indiscrètes ne manquent pas dans cette salle.
– Tu as raison, prudence !
Zywak était une planète bizarre, elle possédait une technologie très avancée, mais visiblement la société, elle, n’avait pas évolué aussi vite : je trouvais que les idées et les mentalités étaient vieillottes.
Animia voulut quitter la soirée tôt car elle ne se sentait pas très en forme, aussi nous reprîmes le Bucar et à notre retour à la maison, nous allâmes directement nous coucher.

(Fin du Chapitre 11)

Le livre Une correspondante extraterrestre

mercredi 24 mars 2010

Marc et Animia - Episode 41

Chapitre 11 - Partie 2/3

Le magasin était étincelant sous les deux soleils. Animia se gara sur une place de parking, ouvrit le coffre et en sortit un gros sac de velours noir.
– Qu’est-ce qu’il y a là dedans ? demandai-je plein de curiosité.
– C’est un porte pierre... Non, je plaisante ! C’est mon porte-monnaie.
Elle tira sur le cordon du sac et des pierres apparurent.
– Oh ! m’exclamai-je.
Je me sentais idiot, quand j’allais faire les courses, je prenais de l’argent ; sur Zywak, c’était pareil sauf que les pierres remplaçaient les pièces de monnaies et les billets de banque, or les pierres étant grosses, le porte-monnaie l’était forcément aussi.
– Ce n’est pas un peu lourd à se trimballer dans tout le magasin, sans parler du poids des achats ? demandai-je.
– Si Grimfilk, c’est pourquoi...
Animia émit un sifflement strident : une plate-forme rectangulaire arriva en planant, fit un looping et atterrit à nos pieds. Animia souleva le sac noir avant que j’eus le temps de faire geste pour l’aider et le déposa sur la plate-forme. Elle grimpa ensuite dessus et je fis pareil. La plate-forme décolla avec douceur et nous amena vers l’une des entrées du magasin. La porte s’ouvrit devant nous et nous nous retrouvâmes à l’intérieur.
Des couleurs lumineuses éblouirent mes yeux : des bleus électriques, des verts fluorescents, des argentés, des dorés étincelants... Peu à peu, je m’habituais, tandis qu’Animia dirigeait la plate-forme avec des « à gauche », des « à droite » et des « tout droit. »
– Grimfilk, voilà le rayon Mungien jeune adulte, il est petit, mais je crois que c’est un des rares magasins sur Zywak qui contienne des habits pour Mungien.
– Je croyais que c’était pour toi que...
– C’est pour nous deux puisque tu m’accompagnes au bal. Choisis trois costu-mes : un pour le bal, un pour la fête que ma mère organisera en l’honneur de ton départ, et un pour ton plaisir afin de remplacer les vêtements que je t’ai piqué sur la planète que tu sais.
– Je te rembourserai les costumes avec les pierres que m’a donné la compagnie.
– As-tu écouté ? Je t’offre le troisième costume, c’est en remplacement...
– …D’accord, pas de problèmes, j’ai compris, j’avais entendu !
– Tu n’en rajoutes pas un peu !?
– Moi ? Mais pas du tout !
– Je ne trouve pas ça drôle ! Arrête ! s’exclama Animia.
– Oui chef ! A vos ordres !
Nous nous mîmes à rire, notre complicité retrouvée.
– Achetons vite et partons vite, je ne raffole pas de l’ambiance des magasins. Même si j’adore m’acheter des habits, je déteste ces vieilles commères, qui regardent avec qui vous êtes et puis répandent des calomnies sur vous.
– Toujours à votre service chef Animia ! Faites tourner la plate-forme sur elle-même avec lenteur !
Je regardai donc tous les costumes assez rapidement, puis comme la plaque continuait à tourner, je fermai les yeux et attrapai un costume au hasard. J’entendis un rire, celui d’Animia, j’en étais certain car il était particulièrement beau. Je rouvris les yeux alors que la plate-forme cessait de tourner, et regardai le costume que je tenais à la main : il était d’un superbe jaune fluo avec de splendides lignes oranges et vertes. De nouveau je joignis mon rire au sien. Des extraterrestres et des vieilles commères se retournèrent, je me sentis tout à coup gêné et mon rire mourut dans ma gorge. Animia s’arrêta également de rire. Finalement, je pris un costume blanc avec des manches noires et un nœud de papillon vert, un costume bleu foncé avec une cravate blanche, une chemise d’un doré sympathique et un pantalon blanc neige qui allait avec. Nous nous dirigeâmes alors vers un autre rayon qui se nommait : « Jeunes filles Zywakiennes. » Je fus très impressionné, il était au moins quinze fois plus grand que le rayon pour Mungiens. Animia choisit plusieurs tenues et entra dans une cabine d’essayage. J’espérai qu’elle ne prendrait pas trop de temps, car en général les filles passaient pas mal de temps à ça.
– Tu jugeras quels sont les habits qui me vont le mieux ! annonça Animia juste avant de refermé la porte de sa cabine.
J’attendis un bon quart d’heure avant qu’elle ne ressorte. Ce fut comme une apparition : elle portait un chemisier rose pâle à manches longues, une jupe noire qui tenait grâce à une ceinture mauve et avait une fleur blanche dans ses cheveux violets.
– Alors Grimfilk, qu’en penses-tu ?
– Magnifique !
Ce fut tout ce que je pus dire parce que j’étais encore sous le choc. Les minutes s’égrenèrent très lentement tandis qu’Animia sortait, puis rentrait périodiquement, défilant avec de nombreuses tenues, parfois réussies, parfois ratées, parfois ni bien, ni mal. Elles possédaient des genres très différents : il y en avait des élégantes, des trop chargées, des sobres, des simples... Animia n’avait pas menti en disant qu’elle adorait acheter des vête-ments, visiblement, elle avait oublié l’ambiance désagréable des magasins. Les heures s’écoulèrent et enfin Animia s’arrêta, je l’aidai à sélectionner les meilleurs vêtements : elle prit la première tenue dans laquelle elle était splendide, une robe de bal en dentelle noire avec une rose sur le corsage, ainsi qu’une robe rose et une bleue nuit. Nous passâmes ensuite à la caisse. Animia posa ses achats sur une espèce de balance, un prix s’afficha et ma correspondante versa dans un récipient à côté du truc qui ressemblait à une balance, des pierres qu’elle prit dans son porte-monnaie où elle puisa largement. Nous sortîmes enfin du magasin.

Il était 18 heures à notre retour. Nous cassâmes la croûte, donnant la préférence à la nourriture solide.
– Pour arriver à 20 heures au bal, il faut que nous partions à 19h30, car nous mettrons une demi-heure pour aller en Bucar, expliqua Animia.
– Qu’est-ce qu’un Bucar ?
– C’est un engin qui t’amène directement à ton lycée en une demi-heure quelque soit l’endroit où tu habites.
– Comment est-ce possible ?
– Ce serait beaucoup trop compliqué à expliquer, il faut employer plein de termes techniques que tu ne comprendrais certai-nement pas et qui doivent en plus être intraduisibles en Terrien puisque les pièces utilisées pour permettre à un Bucar de fonctionner n’existent pas sur Terre, j’en suis quasiment sûre.
– Nous ne mettrions pas moins de temps si c’est toi qui nous conduisais à ton ancien lycée ?
– Si, mais je froisserais ma robe et cela serait dommage.
– Tiens en parlant vêtement, combien te dois-je pour les deux costumes ?
– Passe-moi le carton de la compagnie !
Je courus le chercher et le lui ramenai, elle piocha trois pierres dedans qu’elle posa sur la table et elle me rendit le carton.
– Grimfilk ? demanda Animia.
– Oui ?
– Il faudrait se préparer car l’heure tourne et il nous reste à peine une demi-heure seulement.
– C’est ça ! Faisons-nous beaux ! dis-je.
Je montai, et une fois dans ma chambre, j’hésitai : devais-je prendre le costume blanc ou le bleu ? J’optai finalement pour le blanc. Je pris la douche éclair que j’avais découverte hier soir et enfilai le costume. Je me regardai dans le miroir qui était accroché dans mon armoire. Je redressai mon nœud papillon et disciplinai un peu mes cheveux avec la main. J’espérais être un cavalier à la hauteur ! Il devait être 19h10 ou un peu plus quand je descendis en bas, le temps passa et Animia n’arrivait toujours pas, je comptais chaque minute qui s’écoulait. Enfin elle apparut, je la trouvai charmante avec sa longue chevelure remontée en chignon où était nichée une fleur blanche. Elle portait la robe noire sous laquelle elle avait mis le chemisier rose et à son cou pendait une chaîne d’argent. L’ensemble formait un joli tableau.
– Tu es en retard, je crois, comme toute les femmes quand elles s’habillent qu’elles soient Zywakiennes ou Terriennes ou autres! dis-je pour plaisanter.
– Oh Marc ! Tu racontes n’importe quoi !
– Je ne dis jamais que la vérité telle que je la vois, rétorquai-je.
– Espèce de vantard ! Vous vous croyez toujours parfaits, vous les hommes !
– Parfaitement !
Nous rirent en chœur.

Le livre Une correspondante extraterrestre

mercredi 17 mars 2010

Marc et Animia - Episode 40

Chapitre 11 : La conférence - Partie 1/3

Le lendemain, je me levai et choisis une des plus belles tenues de mon placard : autant bien présenter devant les journalistes ! Je descendis et pénétrai dans la cuisine, personne n’était encore là ou tout le monde était déjà parti ! Je m’assis et attendis. Bientôt des pas se firent entendre et Animia, suivie de ses parents, entra. Ses parents parurent surpris de me voir là, je les saluai. Nous mangeâmes en silence, aspirant les liquides contenus dans les tuyaux. Les parents d’Animia me semblèrent de nouveau fâchés contre moi, la paix avait été de courte durée! Je ne voyais pas le motif de leur mécontentement… Je me souvins alors de la visite d’Animia et présumai que ses parents l’avaient vue sortant de ma chambre. Si c’était ça, je pensais mal pouvoir arranger la situation... et moi qui croyais que je n’aurais plus d’ennuis avec ses parents ! Ils s’en allèrent sans prononcer un mot, l’affaire serait sûrement réglée une autre fois. Quand ils furent partis, je demandai à Animia qui avait eu les yeux baissés pendant tout le petit déjeuner :
– Qu’est-ce que tes parents ont ?
– Marc, tu avais raison pour hier soir, c’était imprudent de venir, c’était même stupide et inconscient.
– Alors, ils t’ont vue ?
– Ils croient que je suis perdue, que ma réputation est fichue, que je suis compromise et tout le tralala !
– Aux yeux de tes parents, tu as fait quelque chose qu’ils considèrent indécent comme ils disent.
Je souris intérieurement en le disant et en pensant à « compromise », je me dis que cela faisait vraiment ringard, encore un peu et je me serai cru au dix-neuvième siècle.
– Évidemment, je leur ai crié mon innocence, expliqua Animia.
– Mais ils ne te croient pas ! Écoute Animia, ne t’inquiète pas, tes parents ne vont rien faire qui puisse te compromettre définitivement, et puis nous savons la vérité. Nous sommes juste amis.
– On devrait y aller ! s’exclama tout à coup Animia.
Nous prîmes l’appareil avec lequel elle m’avait emmené chez l’Assorien. Animia conduisait tandis que moi, je regardais en bas toujours aussi fasciné par les toits des maisons. J’aurais voulu continuer à observer le spectacle qui défilait sous mes yeux, mais nous arrivâmes bien vite.
Un être humanoïde rougeâtre avec deux cornes tombantes se présenta :
– Je me nomme Isbel, j’étais venu voir si monsieur Gastorien était là.
– C’est moi ! répondis-je.
Isbel parut très gêné de savoir que c’était moi. Évidemment, c’est un peu ridicule de dire à quelqu’un que tu viens pour voir s’il est là et que tu ne reconnais même pas la personne. Je fus conduis à ma salle, Animia me suivait de loin. Isbel m'indiqua une pièce et j'y entrai. On m’accueillit par un concert de bruits. En un instant, j’essayai de devenir ce que je n'étais pas, c'est-à-dire une personne qui a l’habitude de parler devant des gens inconnus, une personne qui maîtrise l’art du discours, une personne qui se sent à l’aise avec des étrangers.
– Silence !!! proclamai-je avec force pour rétablir le calme.
J’accompagnai ma voix avec un geste d’apaisement. Les bruits se turent, et je vis déjà des gens qui se levaient pour poser des questions. Mais je fus plus rapide et annonçai clairement dans le bidule qui ressemblait à un micro :
– Je vous ai invité à venir pour que vous posiez toutes vos questions maintenant et pour qu’ensuite, je passe le reste de mon séjour sans que des journalistes me dérangent. Je désire être tranquille et je n’ai pas envie d’être poursuivi par les médias. Assouvissez votre curiosité maintenant, car après je ne veux plus que l’on me pose une seule question.
Avais-je été suffisamment clair ? En tout cas, je l’espérais ! Quelqu’un se leva et prit la parole :
– Cokx du magazine « Des Stars », pouvez-vous nous donner une explication sur une de vos déclarations « fiancé à l’essai » ?
– Il me semble que tout était dans le journal à qui j’ai dit cela ! En bref, il me faut un accord définitif des parents avant d’annoncer que je suis vraiment fiancé.
Et puis les questions défilèrent à un rythme étourdissant, et je fus submergé. Plus d’une fois je faillis dire des bêtises, mais heureusement Animia veillait et le pire put être évité. Finalement la conférence se termina et tout le monde sortit bruyamment. Animia et moi nous nous dirigeâmes vers l’endroit où notre appareil était garé. Je voulus qu’Animia marche plus vite car j’étais pressé de quitter les lieux, aussi attrapai-je sa main et allongeai le pas, la forçant à accélérer son allure. Comme nous arrivions à l’appareil, je fis un grand sourire, et c’est à ce moment là qu’il y eut un flash et un bruit d’appareil photo. Je lâchai la main d’Animia, et j’allais courir après le photographe quand ma correspondante m’arrêta :
– Laisse donc Marc ! De toute manière, cela n’a plus d’importance maintenant.
– Oui, dis-je tout haut alors que je pensais en mon for intérieur que cela pouvait avoir de l’importance, surtout que les gens d’ici avaient une mentalité démodée... On allait bientôt entrer dans le deuxième millénaire tout de même !
– Tu sais quoi Grimfilk ?
– Je ne sais rien !
– Nous venons de nous fiancer officiellement, c’est ce que signifie se tenir la main sur Zywak, c’est même un signe que le mariage est pour bientôt.
– Hein ? Je pensais bien que cela pouvait être plus important que ça en avait l’air, mais à ce point !
– Ce n’est quand même pas bien grave, mes parents voulaient déjà l’annoncer officiellement à un journal, ils avaient décidé de le faire depuis hier soir.
– Crois-tu qu’ils vont nous obliger à aller jusqu’au mariage ? Pourtant nous n’avons pas l’âge, nous sommes beaucoup trop jeunes !
– Je pense qu’ils nous feront rompre à ton départ, mais s’ils le désiraient, ils pourraient nous ordonner de nous marier, car ton histoire des âges c’est peut-être vrai sur Terre, mais pas sur Zywak.
– Eh bien !
– Je suis quasiment sûre qu’ils nous feront rompre, cela paraît évident ! Si nous allions faire les courses maintenant, à moins que tu n’aies faim ?
– Non, non, je n’ai pas envie de manger. Go ! Direction les magasins ! A propos, que désires-tu acheter ?
– Des vêtements pour le bal des anciens élèves qui a lieu ce soir, tu te rappelles ?
Je soupirai, je n’aimais pas spécialement les courses, et puis cela m’énervait d’avoir à suivre cet emploi du temps.

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mercredi 24 février 2010

Marc et Animia - Episode 39

Chapitre 10 : Les premiers jours... - partie 3/3

Quand je sortis de mon sommeil, Rsim-Agrop m’observait d’un œil inquiet.
– Qu’est-ce qu’il se passe ? demandai-je troublé.
– Il y a que ça ne guérit pas comme il faut et que la peau de Mungien se soude à celle des Lombriens.
– Hein ? Quoi ! criai-je.
La peur et la panique entraient dans mon esprit et le submergeaient.
– Calme-toi Grimfilk, ce n’est pas si catastrophique, le problème c’est que ton corps risque d’être perturbé de n’avoir plus qu’une peau.
Je devais me réveiller, tout ceci n’était qu’un terrible cauchemar.

Le plus « drôle » dans l’histoire c’est que je me réveillai à cet instant précis pour voir le visage souriant de Rsim-Agrop penché au-dessus de moi.
– Tout est pour le mieux, ta guérison est sur la bonne voie, annonça l’Assorien.
– Je ne fais pas un rêve n’est-ce pas Rsim ?
– Non, mais pourquoi ?
– J’ai fait un cauchemar, comme quoi mes deux peaux se soudaient ensemble...
– Rassure-toi, c’est déjà arrivé à des patients d’imaginer le pire ou des choses graves sur leurs maladies pendant le sommeil artificiel, dit l’Assorien sans se moquer de ma bêtise à propos de mon cauchemar.
Dès que je fus sortis de la maison de l’Assorien, Animia me dit :
– Dépêche-toi, il faut que l’on rentre !
– Au revoir Rsim, à la prochaine fois ! annonçai-je à l’Assorien qui était sur le pas de sa porte.
– Oui, c’est ça ! grommela Animia.
Nous nous installâmes dans l’appareil qui décolla immédiatement, j’allais lui demander quelle mouche l’avait piquée quand elle se mit à parler :
– Mes parents sont rentrés, ils m’ont appelé et ils veulent mettre les choses au point et t’établir un emploi du temps. Ils te trouvent imprévoyant, mal organisé et fainéant car tu n’as encore rien prévu pour t’occuper durant ton séjour.
– Les ennuis commencent ! murmurai-je.
Nous arrivâmes près de la maison des parents d’Animia qui était toujours encerclée par une masse de journalistes, mais curieusement personne n’avait pensé à assiéger les hauteurs aussi nous passâmes sans problème. Hélas, les véritables ennuis étaient à l’intérieur, et pourtant il fallait y entrer !
– Animia, va rejoindre ta mère en haut, laisse-nous seuls, nous allons avoir une conversation. Ne viens ni nous interrompre, ni nous déranger ! déclara le père dès que nous furent entrés.
Animia partit sans un mot me laissant affronter la colère de son père.
– Vous n’aviez pas mon autorisation pour annoncer que vous étiez fiancé à Animia, c’est moi qui m’occupe de ma fille, vous n’avez aucun droit sur elle. Votre comportement envers ma fille est tout bonnement inacceptable, vous salissez sa réputation et vous vous montrez indécent. J’en ai assez de tous ces journalistes qui restent devant la porte, trouvez un moyen de vous en débarrasser puisque c’est à cause de vous qu’ils sont là...
– Je...
– Taisez-vous ! Et ne m’interrompez plus ! Qui vous a permit de ramener mon frère comme ça ! Et puis vous n’êtes pas chez vous, vous ne pouvez pas vous permettre de faire tout et n’importe quoi. Quel fainéant vous faîtes ! Vous n’avez pas prévu de faire la moindre chose, d’établir le moindre emploi du temps. En plus, pour couronner le tout vous êtes impoli, vous n’avez même pas daigné manger le premier repas que ma femme avait préparé. Et ne croyez pas vous excuser avec vos fausses blessures ! Vous avez intérêt à suivre mes ordres à la lettre, vous avez déjà fait assez d’erreurs comme ça.
Enfin, il s’arrêta de parler, et un instant je restais muet de saisissement. Il n’avait pas à m’accuser dans son discours de cette façon !? Pris de colère, sans réaliser vraiment que je parlais à un adulte, je ripostai :
– A votre tour de m’écouter...
– Mais...
– Je vous ai écouté, c’est à vous maintenant ! Et sans m’interrompre ! Premièrement, je sais bien que je n’ai aucun droit sur Animia et j’ai précisé aux journalistes que je n’étais pas un fiancé officiel, si après les journalistes inventent ou déforment mes propos je n’y puis pas grand chose. Deuxièmement, je suis l’ami d’Animia et elle est assez grande pour considérer ce qui est indécent ou pas, par ailleurs je ne pense avoir été incorrect. Troisièmement, pour les journalistes, veuillez croire que je n’apprécie pas trop non plus leur présence, de toute façon je pensais trouver le moyen d’organiser une conférence pour répondre à leurs questions en une seule fois afin qu’ils ne viennent plus me déranger. Et je vous rappelle, que ce n’était pas prémédité que je devienne célèbre et que ce n’est pas vraiment de ma faute ! Quatrièmement, je ne pouvais pas prévoir que votre frère Samsy Garence prenne la même navette que moi, de plus vous ne sembliez pas fâché de le revoir. Cinquièmement, je sais bien que je ne suis qu’un invité dans cette maison et il ne me semble pas être sorti de ma position. Sixièmement, pour l’emploi du temps, je pensais que la moindre des politesses était d’obtenir votre accord pour l’organisation de mon emploi du temps, savoir si vous aviez prévu des choses ou pas ; enfin, par ailleurs, on a le droit d’être un peu fainéant quand on est en vacances, on peut profiter d’un repos bien mérité puisqu’on a travaillé avant. Septièmement, c’est vrai que j’ai dormi alors que vous dîniez mais j’ai été éprouvé par le voyage. Vous auriez très bien pu me réveiller pour ce repas et à part ça, je ne crois pas avoir été impoli, de plus peut-on exiger de quelqu’un d’être poli si l’on ne l’est pas soi même et vous avez été impoli avec votre discours plein de critiques. Huitièmement, mes blessures sont d’authentiques blessures, voyez ma cicatrice ! En conclusion, vous ne pouvez pas demander à une personne normale de devenir parfaite, je ne suis pas sûrement pas quelqu’un d’irréprochable, mais vous non plus!
Je me tus tout essoufflé par ma longue tirade. Ce fut son tour de rester muet.
Ça lui a bouclé le clapet au vieux, pensai-je avec une certaine satisfaction.
– Monsieur Gastorien, je dois reconnaître que vous avez raison sur plusieurs points, de plus vous êtes un Mungien adulte et non plus un gamin, je n’avais donc pas à vous faire cette leçon de morale et j’aurais dû vous laisser vous expliquer.
Je lui jetai un regard surpris, j’étais étonné de son abdication. Il est vrai que sur Terre, si j’avais répondu de cette façon à un professeur ou à un quelconque adulte, j’aurais été réprimandé pour mon insolence. Je bénis le fait qu’un Mungien soit indépendant et considéré comme un adulte à quinze ans. Remarquant soudain que le père d’Animia attendait ma réponse, je lançai :
– Vous pouvez m’appeler Grimfilk, je crois que maintenant que les choses ont été mis au clair, nous pouvons nous respecter mutuellement. J’essayerais de ne pas transgresser vos règles et vous, de comprendre mon opinion. Je m’excuse d’avoir répliqué un peu violemment à vos propos.
– C’est d’accord, je vous autorise donc à continuer de dire que vous êtes fiancé à l’essai.
– Les nouvelles paraissent vite !
–Vous êtes la vedette du moment, mais cela ne durera pas.
Nos relations s’amélioraient un peu et je m’en félicitais. Il avait fait une concession pour le fiancé, c’était à moi d’en faire une.
– Et si nous organisions mon emploi du temps avec votre femme et votre fille ?
– Bonne idée ! Prévenons les par le haut-parleur.
Le père d’Animia se pencha tourna une manette qui se trouvait sur le pied de son siège et dit :
– Animia, Plantunia ! Venez donc au salon je vous prie.
Le message se répéta plusieurs fois avant de s’arrêter à l’entrée de Animia et de sa mère dans la pièce.
– Nous allons mettre au point l’emploi du temps de Grimfilk pour la durée de son séjour, annonça le père.
– Il était temps ! s'exclama la mère.
– Je pense que c’est possible d’organiser une conférence réunissant les journalistes pour demain, dis-je.
– Bien, la matinée de demain est donc prise, acquiesça le père.
– L’après-midi, je propose que Grimfilk m’aide pour mes achats, suggéra Animia.
– Bien ! accorda le père.
– Et le soir Grimfilk m’accompagne au bal des anciens ! termina Animia.
– La journée suivante, je fais du tourisme, dis-je.
– Bonne idée ! s’exclama le père.
Je n’étais pas ravi que l’on ne me donne pas trop le choix pour mes activités, mais je ne voulais pas détruire la paix fragile qui s’était instaurée entre le père d’Animia et moi.
– Ensuite, j’aimerais bien retourner voir mon ami l’Assorien, et je pourrais passer l’après-midi avec Animia, proposai-je.
– Ça va, mais vous passerez le jour suivant avec nous. Avec moi le matin et avec Plantunia l’après-midi, dit-il.
– Il reste encore un jour, je pense que nous pourrions organiser une fête pour son départ le lendemain, termina Plantunia.
– Et voilà ton agenda avec ton emploi du temps ! s’exclama le père en me tendant un minuscule ordinateur dans lequel il avait enregistré nos propositions au fur et à mesure.
Je le pris et le gardai à la main. Je trouvai que mes vacances s’annonçaient moins bien que je le croyais, je n’aimais pas cet emploi du temps car il me semblait qu’il n’y avait plus d’imprévus et donc plus de surprises, c’était désagréable !
– Bon, maintenant il faut prévenir des gens afin qu’on puisse ensuite appliquer l’emploi du temps sans problèmes, annonça la mère.
Animia lança à chacun une sorte de téléphone et une espèce de calculette qu’un robot vert et blanc venait de lui apporter. Elle avait dû lui en donner l’ordre alors que son père me donnait l’agenda ou alors au moment j’avais été perdu dans mes pensées. J’observai un instant la « calculette » avant de deviner que cela devait être une sorte de Bottin. Je tapai le nom de l’Assorien et un numéro apparut (j’avais eu une bonne intuition en pensant que la « calculette » était en réalité un bottin, ma matière grise avait dû chercher le rapport qu’il y avait entre un téléphone et une « calculette. ») Je pris le téléphone et je composai le numéro. Une voix de femme me répondit :
– Bonjour ! Que voulez-vous ?
– Est-ce que Rsim-Agrop est là ?
– Qui êtes-vous ?
– Je suis un ami de l’Assorien, pourquoi ?
– Quel est votre nom ?
– Mar... Grimfilk Gastorien !
– Le beau ténébreux dont parle tant les journaux, incroyable ! Le Mungien qui a eu le courage d’entrer dans un trou de feu alors que c’était dangereux pour lui !
– Les journaux exagèrent toujours ! Pouvez-vous me passer Rsim-Agrop ?
– Bien sûr ! Je m’appelle Frida Nestra, vous pouvez me téléphoner quand vous le désirez...
Je rougis et remercia le ciel que j’eus une peau de plus sur moi, personne ne pouvait remarquer la brusque coloration de mes joues.
– C’est toi Grimfilk ?
– Oh ! Salut Rsim ! Est-il possible que je vienne dans trois jours?
– Évidement, pas de problèmes !
– A plus tard alors !
– D’accord !
– Qui est-ce Frida ?
– Une amie de l’une de mes cousines, Frida est une Abyssienne.
– Merci, au revoir !
– Au revoir, à bientôt !
Je raccrochai, et d’un ! Je tapai alors à tout hasard sachant que je ne risquais rien : salle de conférence à louer. Sur l’écran s’affichèrent plusieurs numéros, je repris le téléphone et composai le premier.
– Vous êtes à l’agence de louage de salles en tout genre.
– Est-ce que je pourrais louer une salle de conférence pour demain matin ?
– Oui, nous en avons une de libre, où habitez-vous ?
Comme je ne connaissais toujours pas l’adresse de la maison des parents d’Animia, et que je ne voulais pas déranger ma correspondante, car celle-ci était au téléphone, je dis :
– J’habite Avenue Lampion !
– La salle de conférence se trouve à deux trois maisons de l’Avenue Lampion, le coût du louage de la salle coûtera une pierre de deuxième classe, huitième degré.
– C’est d’accord !
Je pensais qu’avec les pierres envoyées par la compagnie, il n’y aurait aucun problème.
– Pour que nous nous chargions de prévenir les personnes que vous désirez inviter à votre conférence, ce sera 3 pierres de troisième classe troisième degré douzième degré.
– Prévenez donc le maximum de journaux et magazines ordinateurs !
– Gloups ! Bien monsieur... ?
– Monsieur Gastorien !
– Grimfilk Gastorien ? Oh! ! A vos ordres monsieur.
Je coupai alors la communication.
– Je crois que j’ai rempli ma part, annonçai-je.
– Très bien ! Tout est réglé pour nous également ! Allons manger maintenant ! répondit le père.
Nous nous levâmes de nos fauteuils, et nous partîmes vers la cuisine. Les robots nous servirent des plats différents à chacun. Je mangeai ce que l’on me présentait, l’apparence de ce qu’il y avait me paraissant appétissante, ce n’était d’ailleurs pas mauvais. J’étais juste étonné qu’après avoir mangé liquide au petit déjeuner, rien au repas de midi, nous mangions le soir des aliments solides. Ensuite, tout le monde monta dans sa chambre. J’entrai dans la mienne et poussai un soupir de soulagement, cette journée avait été particulièrement éprouvante pour moi : le nouvel environnement, le ciel vert, les deux soleils l’un diffusant une lumière orangée et l’autre comme celui de la Terre. Mes pensées dérivèrent, je revis la Terre, ma chambre chez mes parents, le lycée tout gris et puis, je retournai à la réalité, à cette chambre si impersonnelle dans la maison des parents d’Animia. Je levai les yeux et j’aperçus un bouton sur la paroi du mur en face de moi, j’approchai et appuyai dessus et... je reçus une trombe d’eau glacée sur la tête, j'appuyai une nouvelle fois sur le bouton et du savon liquide me tomba dessus, puis il y eut de nouveau de l’eau et ensuite un souffle d’air chaud qui ne s’arrêta qu’au bout d’une dizaine de minutes. Je touchai mon habit, et constatai qu’il était sec. J’avais découvert la présence d’une douche dans ma chambre, découverte qui me paraissait d’un intérêt modéré et que j’aurais préféré apprendre autrement. J’entendis un bruit de porte qui s’ouvrait, je me retournai et vis Animia vêtue d’une longue tunique blanche.
– Salut ! Ne fais surtout pas de bruit, il ne vaut mieux pas que mes parents sachent que je suis ici, murmura-t-elle.
– Pourquoi es-tu venue ? demandai-je.
– Pour discuter ! Demain, je viens à la conférence avec toi ou tu ne veux pas ?
– Je n’y ai pas réfléchi !
– De toute façon, je t’emmène à la salle, mais après...
– ...mieux vaut que tu ne viennes pas si tu ne désires pas que les journalistes crois à nos fiançailles imminentes.
– C’est vrai, mais qui t’empêchera de commettre des impairs ?
– Tu as raison, il faudrait que tu sois cachée, mais près de moi...
– Je sais ! Normalement il y a des rideaux derrière l’estrade où est la personne qui dirige la conférence, je n’aurais qu’à me placer derrière.
– C’est donc réglé !
– J’y vais, on parlera des autres problèmes pendant les achats demain, d’accord ?
J’acquiesçai.
– C’est plus prudent ! Parce qu’il vaut mieux éviter que tes parents débarquent sous prétexte qu’il y a trop de bruits dans cette pièce, dis-je.
Elle sortit sans un mot. Je changeai de vêtement, puis j’allai me coucher pour m’endormir d’un sommeil réparateur.

(Fin du chapitre 10)

Le livre Une correspondante extraterrestre

mercredi 17 février 2010

Marc et Animia - Episode 38

Chapitre 10 : Les premiers jours... - partie 2/3

Je n’eus pas le temps de riposter, on sonnait de nouveau. Animia alla à la porte, pressa un bouton, celle-ci rentra dans le sol tandis qu’une grille tombait du haut de l’encadrement.
– Vous êtes ? demanda Animia.
Un autre Zywakien derrière la grille se présenta :
– Fernier Solion du journal ordinateur «La Dernière Info» ! Pourrais parler à monsieur Gastorien, s’il vous plaît ? J’ai quelques questions à lui poser.
Animia me jeta un coup d’œil, je hochai la tête en signe d’assentiment ; Animia ouvrit la grille et monsieur Solion entra. Je le saluai poliment.
– Vous êtes bien monsieur Gastorien n’est-ce pas ?
– Oui, c’est bien moi, que puis-je pour vous?
– Pouvez-vous me raconter ce qui s’est passé quand la navette a atterri ?
Pendant un instant, je réfléchis : devais-je raconter mon histoire telle qu’elle ou une histoire qui me valorisait ? J’avais raconté la vérité à Animia sans me poser de questions, mais devant ce personnage légèrement vaniteux, j’hésitais. Puis, je décidai de raconter ce qui s’était réellement produit, car si la compagnie annonçait la vraie version, je passerais pour un prétentieux et un idiot. Pour la deuxième fois de la journée je racontai mon aventure sauf que là je n’ai ni parlé du coléreux, ni de la découverte de l’Assorien, ni de l’homme qui m’avait sauvé de la bestiole de la planète B113 et que je commençai mon histoire à partir du décollage de la navette. Il me remercia et partit alors qu’arrivait un autre Zywakien.
– Je me nomme Silerson du journal ordinateur « Les Mieux Informés », je voudrais que vous racontiez brièvement à nos lecteurs votre aventure.
Une nouvelle fois, je contai mon histoire en omettant les mêmes choses que pour Solion.
– Pourriez-vous me dire si vous allez épouser la jeune Zywakienne qui se trouve à vos côtés ? demanda Silerson.
Je vis les pupilles d'Animia qui rougissaient et espérai que ma surprise n’avait pas trop transparue sur mon visage et puis avant qu’Animia se mit à parler, cette stupide phrase m’échappa malencontreusement :
– Je suis un fiancé à l’essai monsieur Silerson !
– Comment vous êtes-vous rencontré ?
Puisque j’avais commencé à plonger dans les ennuis entraînant Animia avec moi, ça ne changerait plus grand chose de plonger un peu plus profond, vu que je n’avais pas d’idées pour remonter à la surface.
– La version romantique ou réelle ?
– Les deux si cela ne vous dérange pas !
– Par pur hasard, sa navette de secours est tombée dans mon jardin et nous nous sommes liés...
– ...d’amitié ! s’exclama Animia.
– Exactement ! ajoutai-je.
– La version romantique je suppose, et l’autre ?
– Sa navette de secours est bien tombée dans mon jardin, mais ce n’est pas vraiment un hasard puisque avant qu’elle atterrisse, j’étais son correspondant, et si elle est venue c’est uniquement à cause des prisonniers Hantomiens en fuite qui l’effrayaient en l’absence de ses parents. J’avoue que j’étais plutôt furieux au départ que mon jardin aie été abîmé par la navette et ce n’est qu’un peu plus tard que nous avons sympathisé.
– Il parait que vous avez reçu de l’argent de la compagnie à laquelle la navette appartenait et dans laquelle vous avez voyagé, est-ce vrai ? Combien vous a-t-elle donné, si c’est vrai ? Qu'en ferez-vous si vous avez reçu cet argent ?
–Oui, c’est vrai que j’ai reçu de l’argent mais je n’ai pas encore eu le temps de le compter. Je pense en tout cas qu’il y en assez pour que je puisse m’acheter...
– Un... m’interrompit Animia.
– Une maison, finissais-je.
– N’en possédez-vous pas déjà une ? demanda Silerson.
Je me rendis compte alors de ma gaffe, mais trop tard, heureusement une idée de génie naquit dans mon esprit.
– Je louais la maison avec le jardin dont je vous ai parlé, mais maintenant j’ai vais pouvoir m’acheter une maison qui m’appartiendra.
– Pensez-vous que votre acte va rehausser l’estime que portent les gens aux Mungiens ?
Je réfléchis que je ne connaissais ni les relations entre les gens des différentes planètes, ni les derniers changements dans cette relation, de plus je flairais un piège derrière la question, aussi je répondis :
– Je ne sais pas !
– De quel parti êtes-vous ? Faites-vous de la politique?
– Vous dérivez du sujet Silerson ! s’exclama Animia et elle appuya sur un bouton, fermant la porte au nez du journaliste.
Comme on sonnait de nouveau, Animia reprit l’écran qui traînait sur le canapé et voyant que c’était Silerson et d’autres gens qui semblaient être des journalistes, elle fit ranger l’écran et coupa la sonnette.
– Quel succès ! m’exclamai-je.
– C’est raté pour la discrétion en tout cas, de plus, il y a dix fois plus de chance qu’on découvre...
– Animia, les pièces sont-elles insonorisées ? Sinon, tu sais que les journalistes ont des oreilles et certainement d’autres moyens pour nous écouter.
– Tu as raison Ma...
– Grimfilk, ce n’est pas la peine de m’appeler monsieur Gastorien comme les journalistes, interrompis-je.
– Je vais empêcher les murs d’avoir des oreilles, Grimfilk, dit-elle en tapant un chiffre sur un cadran se trouvant sur le pied de l’un des fauteuils.
J’entendis un drôle de bourdonnements puis plus rien.
– Voilà la pièce est insonorisée, personne ne peut plus nous entendre, annonça Animia.
Et brusquement un grand silence se fit, une tension s’installa je ne sais pas trop pourquoi, ma main se souleva puis retomba et je lançai :
– Si tu me faisais visiter ta planète, ses musées, ses monuments, ses boutiques... etc.
– Bonne idée, mais tu as intérêt à mettre des lunettes noires et un passe montagne car tu es une vraie célébrité en ce moment. Viens ! On passe par le toit parce que je crois que la porte de devant est un peu bouchée.
Comme je ne trouvais pas de réponse appropriée, je me contentai de me lever. Je garderai toujours un souvenir brouillé de comment nous nous échappâmes de la maison, parce que j’étais plongé dans mes pensées : j’essayais vainement de comprendre le silence et la tension qui s’étaient installés après l’insonorisation de la pièce. Ce n’est qu’une fois dans les airs que je repris mes esprits et oubliai le moment passager de tension qui après tout n’était qu’un incident mineur. Le vent fouettait agréablement mon visage, et peu à peu ma joie revint grâce aux paysages de Zywak qui s’ouvraient à mes yeux étonnés. Je regardai plein de curiosité en bas (nous survolions Zywak ) les habitations de toutes les formes. Il y avait dans les airs des panneaux qui indiquaient le nom des rues (du moins je le croyais ). Un des panneaux avait une écriture amusante aussi je demandai :
– Animia, tu peux me traduire ce panneau ?
– C’est l’avenue Lampion, répondit-elle.
Immédiatement, je repensai à la courte lettre de l’Assorien, il avait écrit que je pouvais le trouver à l’avenue Lamp... quelque chose, cela devait être ce nom là.
– Animia, peut-on descendre dans cette avenue Lampion, j’aimerais parler à un ami.
– Je ne vois pas qui tu peux connaître...
– Tu sais bien, l’Assorien, le médecin de bord qui m’a soigné, on s’est lié d’amitié pendant le voyage.
– Ah ! Oui, je me souviens !
Elle se mit à rire, et dirigea l’appareil de façon à ce qu’il descende en douceur vers le sol.
– Nous voilà arrivés Grimfilk Gastorien !
– Merci chauffeur Animia ! Au fait je ne sais pas le numéro où l’Assorien habite.
– A Zywak, il n’y a que le nom des maisons comme adresse...
– ... mais je croyais que l’avenue...
– ...c’est une coïncidence que l’Assorien ait donné à sa maison un nom qui se traduise par avenue en Terrien.
– Bon, ce n’est pas grave, je sonne alors ! m’exclamai-je.
Animia opina. J’appuyai sur la sonnette et dis :
– C’est moi, Grimfilk Gastorien !
La porte s’ouvrit aussitôt, l’Assorien apparut, il m’attrapa par la taille et me serra fort, trop fort pour mon corps qui avait été récemment soigné et était donc encore fragile. Je serrai les dents pour ne pas crier ou pleurer. L’Assorien ne pouvait pas me voir mais Animia si et elle comprit que je souffrais, aussi elle intervint :
– Arrêtez ! Vous lui faîtes mal !
L'Assorien me reposa visiblement déçu et mécontent.
– C’est vrai Grimfilk ? demanda-t-il.
Pour ne pas le blesser plus, je répondis :
– Tu sais mon médecin m’a dit que je devais me ménager et éviter les étreintes trop puissantes, j’ai été soigné, il n’y a pas si longtemps et...
L’Assorien m’interrompit en riant, sa mauvaise humeur ayant disparue :
– Et si tu me présentais, Grimfilk !
– OK. Animia, voici… qui au fait ? interrogeai-je.
De nouveau l’Assorien se mit à rire.
– Aurais-je oublié de te dire mon nom après avoir eu tant de mal à ce que tu me révèles le tien ? dit-il.
– Il me semble bien que oui ou alors mon accident m'a troublé la mémoire ! répondis-je.
– Mon nom c’est Rsim-Agrop.
– J’ai eu moins de mal que toi pour connaître ton nom !
– Enchanté de faire votre connaissance Animia. Viens Grimfilk, j’ai quelque chose à te montrer, regarde donc un peu les journaux ordinateurs d’hier et de ce matin, j’ai dévalisé la boutique du vendeur : on ne parlait que de la navette et de son mystérieux sauveur.
Rsim-Agrop me tendit un gros tas de journaux ordinateurs.
– Lis-les-moi ! Ce sera bien plus drôle, dis-je.
– Tu as raison, je commence : « Un beau Mungien à l’air ténébreux...»
Rsim me montra une photo sur laquelle j’avais « un charme fou » comme Mungien.
– Mais, comment et quand les journalistes ont-ils pris cette photo ? interrompis-je.
– Sûrement quand tu es sorti de la navette à l’arrivée, avant que tu ne partes, dit Animia.
Sans se soucier de l’interruption l’Assorien reprit sa lecture :
– « ...aurait récupéré une des pièces du moteur dans un trou de feu... » etc Le deuxième journal ordinateur est bien plus intéressant : « le jeune Mungien aurait-il bravé le danger pour retrouver celle qui l’aime. »
La photo qui illustrait cet article était Animia se jetant dans mes bras.
– Oh non ! s’exclama Animia en la voyant.
Rsim continua avec une autre revue :
– Étant donné que l’on m’a interrogé, le texte sera plus véridique. « Grimfilk Gastorien, Mungien a fait preuve d’un grand courage, en allant dans un trou de feu alors qu’il aurait pu refuser, il n’en est d’ailleurs pas sorti indemne nous explique Rsim-Agrop qui est Assorien et médecin du bord. Monsieur Gastorien aurait maintenant une longue cicatrice sur le côté du visage qui est normalement ineffaçable. Tout ce que nous pouvons conclure est que monsieur Gastorien a été récompensé par la compagnie (ou plutôt dédommagé) et que la cicatrice lui donnera un charme bien particulier qui lui vaudra peut-être des conquêtes féminines. »
La photo qui accompagnait ce texte était mon visage vu de profil où l’on voyait parfaitement la cicatrice… C’est vrai que j’avais l’air mystérieux.
– Et il y a plein d’articles sur toi, tu sais Grimfilk, c’est moi qui aie passé aux journalistes la photo avec la cicatrice, je l’avais photographié pour les archives de l'infirmerie.
Voyant qu’il quêtait mon approbation pour la donation de la photo je hochai la tête.
– Ça fait quoi de devenir célèbre ? demanda Rsim-Agrop.
– Comme si j’avais reçu un coup de marteau sur la tête et que je ne savais plus où j’en étais ! murmurai-je.
– Ça ne te dérangerait pas que je regarde où tu en es de ta guérison ? Animia, pourrais-tu attendre dehors ? Je dois observer Grimfilk de près, ce serait indécent que tu restes.
Les pupilles d'Animia rosirent, elle tourna immédiatement les talons et sortit. L’Assorien me conduisit dans une autre pièce où il me fit avaler un médicament pour que je dorme et qu’il puisse m’examiner tranquillement.

Le livre Une correspondante extraterrestre

mercredi 10 février 2010

Marc et Animia - Episode 37

Chapitre 10 : Les premiers jours... - partie 1/3

Je me réveillai en sursaut, Animia était penchée au-dessus de moi, surpris, je criai. Les parents d’Animia rappliquèrent immédiatement.
– Animia ! Que fais-tu ici, c’est interdit de rentrer chez les gens comme ça, et imagine s’il n’avait pas été visible, indécent quoi ! Et vous, pourquoi avez-vous causé tout ce bruit ? cria le père.
– J’ai été surpris ! m’exclamai-je.
– Bon ce n’est pas grave, dit la mère.
– C’est vrai…concéda le père.
– Venez donc prendre le petit déjeuner ! ordonna la mère.
– Le petit déjeuner ? demandai-je intrigué.
Je croyais qu’on était le soir du jour de mon arrivée et que je m’étais juste assoupi.
– Oui, c’est ça ! Il est vrai que vous avez sauté le repas du soir, vous dormiez si bien, que personne n’a osé vous réveiller, expliqua le père.
– J’arrive mais je vais d’abord me changer…Mais j’y pense, j’ai complètement oublié mes bagages !
– Mon frère les a pris pour vous, ils sont dans le placard, répondit le père.
– Nous vous attendons en bas, dit la mère d’un ton autoritaire.
Ils refermèrent la porte derrière eux, me laissant enfin seul. J’ouvris le placard et attrapai la première tenue qui me tomba sous la main. Je me changeai rapidement et je descendis par la plate-forme ronde. Je me demandais où aller quand nous j’entendis des voix, je me dirigeai alors vers la porte où je les percevais le mieux. Mon entrée provoqua un grand silence dans la pièce. Je saluai et je m’asseyai sur un tabouret aux longs pieds (encore !) au côté de la mère d’Animia qui me donna un petit tuyau. Imitant Animia, je le mis dans ma bouche et aspirai. J’éprouvai de l’étonnement devant le goût du liquide parce qu’il était tout bonnement délicieux, or on racontait dans les bouquins et bandes dessinées de science-fiction que cela n’avait aucune saveur par rapport à un bon steak terrien, mais ce n’était que de la fiction ! Bientôt les parents d’Animia se levèrent.
– Animia, nous comptons sur toi pour faire visiter la maison à notre invité, déclarèrent les parents avant de sortir de la maison.
– Alors que penses-tu de mes parents ? Et pendant ton voyage, que s'est-il passé ? Comment as-tu réussi à récupérer la pièce ? Raconte-moi tout ! Que penses-tu de Zywak ? demanda Animia à peine ses parents partis.
– Eh ! Une question à la fois ! protestai-je en souriant, heureux de l’intérêt qu’elle me portait.
– Installons-nous dans le salon, nous y serons mieux pour discuter, proposa Animia.
J’acceptai en hochant la tête et une fois confortablement installé, je commençai à répondre aux questions qu’elle avait émises un peu plus tôt.
– Tes parents me paraissent sévères mais ils n’ont pas l’air méchant : c’est seulement une première impression car on ne peut pas dire que je les ai beaucoup vus. J’ai posé les pieds sur Zywak depuis trop peu de temps, je connais mieux la planète B113 où j’ai gagné cette fine cicatrice...
Je lui montrai la ligne sur mon visage à demi cachée sur la peau noire Mungienne.
– Et sur ta vraie peau Marc, as-tu quelque chose ? Mais au fait, si quelqu’un t’a soigné, il a forcément remarqué...
Soucieux de la rassurer, je lui contai mon voyage depuis le début, n’omettant que quelques détails. A la fin de mon récit, elle était fière de mon courage et désolée pour ma blessure. Un court silence s’installa puis subitement Animia éclata de rire.
– Pourquoi ris-tu ? demandai-je.
– Je repensais à l’Assorien et ses suppositions sur les races de tes parents, ainsi qu’au nom que tu t’es choisi.
Involontairement, je souris, mais je m’exclamai :
– Ce n’est pas drôle ! D’ailleurs mon nom est génial !
Elle rit de plus belle, et j’admirai la musicalité de son rire qui possédait de si jolies sonorités ; je ris à mon tour. C’est alors qu’un tintement se fit entendre, Animia appuya sur un bouton se trouvant sur le côté du long pied du canapé et un écran munit de deux boutons sortit de je ne sais d’où pour se placer devant Animia qui pressa sur l’un des boutons. Une image apparut dans l’écran : un Zywakien portant une casquette avec des oreilles de lapin et tenant à la main un gros paquet.
– Un paquet pour monsieur Gastorien ! annonça le Zywakien.
– Il arrive, répondit Animia.
Elle laissa tomber l’écran qui s’éteignit.
– Viens monsieur Gastorien ! dit-elle ironiquement.
Je la suivis jusqu’à la porte qui s’ouvrit dès qu’Animia posa les pieds sur le paillasson. A la porte se tenait debout le zywakien à la casquette oreilles de lapin. Son costume était en plumes bleues et sa ceinture ressemblait à des écailles de crocodile. Il me donna mon paquet, me fit signer un reçu, ce qui m’offrit l’occasion d’inventer la signature de monsieur Grimfilk Gastorien. Pleine de curiosité Animia m’interrogea :
– Qui peut bien t’envoyer ce colis ? Dépêche-toi de l’ouvrir !
Quand j’eus déballé le papier qui couvrait le carton, j’écartai avec une lenteur délibérée les pans du carton, et je découvris des pierres de toutes les tailles et de toutes les formes ainsi que deux lettres. Animia observa avec attention les pierres et m’annonça :
– C’est une vraie fortune que l’on t’envoie !
Je me souvins alors que la monnaie sur Zywak était des pierres. Animia pris mes deux lettres, me fit signe de la suivre, et alla dans une pièce à côté du salon où se trouvaient des ordinateurs mais contrairement aux Terriens, les ordinateurs Zywakiens étaient très petits et occupaient très peu de place. Animia en prit un qui était équipé d’un scanner et d’une imprimante qui étaient eux aussi de petites tailles. Elle scanna le texte de mes deux lettres écrites dans deux langues différentes qui m’étaient inconnues, lança un programme, et puis tapa quelques touches et les deux textes sortirent en une seconde de l’imprimante en Zywakien. Elle me lut à haute voix le premier texte :
« Cher monsieur Gastorien,
Grâce à votre courage, nous avons pu ramener les passagers et la navette sur le sol de Zywak. Nous vous prions d’accepter ces pierres comme réparations des torts qui ont pu vous être causés et surtout comme récompense de votre bravoure. Ces quelques pierres sont bien modestes par rapport à l’argent qu’aurait dû débourser la compagnie pour les familles des passagers disparus et pour le rachat d’une navette. La perte de la pièce en cours de route s’est produite car les mécaniciens n’ont pas vérifié si tous les systèmes de surveillance fonctionnaient convenablement. Les mécaniciens coupables de l’oubli ont été renvoyés. Nous n’avons pas encore retrouvé la personne qui a saboté la navette mais nous savons que c’est un Mastodogrosien qui a fait le coup, c’est un criminel en fuite qui est très connu par les polices interplanétaires, il n’en serait pas à son premier sabotage et aurait même participé à des cambriolages, il est plutôt du genre coléreux. Salutations distinguées de la compagnie ! »
– La compagnie se rend ridicule dans son message je trouve ! Je crois savoir qui est le Mastodogrosien, ça doit être le fameux passager coléreux dont je t'ai parlé ; je me demande s’il a saboté la navette pour se venger ? Lis-moi l’autre maintenant, s’il te plaît ! dis-je.
– « Cher Grimfilk ! C’est moi l’Assorien, le médecin de bord si tu te souviens. Je te propose de me rendre visite pour qu’on discute un peu. Je dois t’avouer que j’ai beaucoup d’amitié pour toi Grimfilk, et si tu veux et peux venir me voir, je suis avenue Lampion. Avec toute ma sympathie, ton ami. »
– C’est gentil de la part de l’Assorien de m’écrire !
– Ton médecin de bord ne te lâche plus, Grimfilk ! se moqua Animia.
Je n’eus pas le temps de riposter, on sonnait de nouveau. Animia alla à la porte, pressa un bouton, celle-ci rentra dans le sol tandis qu’une grille tombait du haut de l’encadrement.

Le livre Une correspondante extraterrestre