mercredi 17 juin 2009

Marc et Animia - Episode 2

– Marc, viens vite manger ! cria ma mère.
Le temps pressait, je réfléchirai à cette histoire plus tard. Je battais mon record de vitesse pour l’absorption de mon petit déjeuner. Je sortis et respirai à pleins poumons cet air pur que je n’aurais plus jusqu’au vacances de la Toussaint. Je tournai la tête : la montagne était noyée dans la brume…
– Marc ! Remue-toi un peu mon garçon !
Cette fois-ci c’était mon père qui me rappelait à l’ordre. Je pénétrai dans la vieille camionnette branlante aux couleurs sales et je m’installai sur le siège usé par les années ; la camionnette eut un peu de mal à partir, mais elle démarra - oh, miracle ! -
Au moment où j’arrivai sur le quai de la gare, le train se mit juste en route. Je me précipitai et attrapai la poignée d’un wagon, et mon père, qui me suivait de peu, me lança mes sacs. Je suis rentré avec difficulté dans le wagon car le train roulait plus vite maintenant. Cet après-midi, je verrai mon lycée. Je regardai ma montre, elle affichait 8h ; le trajet durait 5h : j’avais donc du temps. Je m’installai dans mon siège, hélas en tentant de trouver une position agréable, je dérangeai ma voisine, une vieille dame. Elle me jeta un regard lourd de reproche, elle semblait penser quelque chose comme « ah, les jeunes d’aujourd’hui, de mon temps, on n’aurait pas... » J’arrêtai de remuer et décidai que pour éviter de m’ennuyer, j’allais essayer d’écrire à « ma correspondante Zywakienne » . Bien que je ne croie toujours pas à cette histoire, je me disais que cela occuperait mon voyage.
Je commençai :
Chère correspondante,
Je me présente, mon … Non ! ça ne convenait pas, je raturai et recommençai :
Chère Aminia,
Mon prénom à moi c’est Marc, moi aussi, je suis enfant unique et j’ai 15 ans. J’habite à la campagne et je vais entrer au lycée… Non ! Cent fois non ! De nouveau, je recommençai.
Je fis au moins une bonne dizaine de débuts de lettres avant d’en écrire une qui me plaisait :

Chère Aminia,
Je me nomme Marc, je rentre au lycée de Bance-Bris, j’y serai en pension car j’habite trop loin (5h en train).
J’ai eu de la peine à quitter mon environnement : la montagne en face de chez-moi, ma maison…et puis il y a aussi mes amis du village où mes parents travaillent et qui est près de chez nous. Je suis fils unique, mais j’ai de nombreux cousins et cousines. J’ai un chien qui répond au nom de Cookie et un chat nommé Grison. Ils sont tous deux très affectueux. As-tu toi aussi des animaux de compagnie ? Pourras-tu m’apprendre ta langue ?
Juste la fin me posa encore un problème, devais-je écrire « amicalement » , « au revoir » , « salutation » ou simplement signer « Marc ». Je choisis finalement de mettre comme elle.
Amicalement,
Marc

Je relisais une dernière fois ma lettre quand je fus interrompu par ma voisine qui s’écria :
– Quelle stupide lettre ! C’est d’une niaiserie !
Je soupirai, j’avais complètement oublié cette vieille dame. Mais de quel droit celle-ci lisait-elle ma lettre ?
– C’est impoli de lire le courrier PERSONNEL des autres, protestais-je.
Elle se retourna comme outragée par mes propos alors que c’était à moi de l’être par son comportement : elle n’avait pas à lire et encore moins à juger ma lettre.
Je regardais le paysage défiler à ma fenêtre et me posais mille questions sur ma correspondante, ainsi le reste du voyage passa assez rapidement.
Le train entra en gare, quand je sortis du wagon, je reçus une bonne bouffée de gasoil en pleine figure. Les rues et les bâtiments étaient tout gris : quelle tristesse ! Quand j’arrivai au coin de la rue avant de tourner dans l’avenue où se trouvait mon lycée, j’inspirai profondément. Serait-il gris comme les autres ?
J’avançai et vis mon lycée, stupéfait, je lâchai mes bagages. Grise et noire, l’énorme bâtisse était fort impressionnante. Malgré ma stupeur, j’allai au portail et sonnai. La dame qui m’ouvrit, avait un visage tout rond et souriant, elle était vêtue d’une robe aux motifs floraux rouges et par-dessus elle avait un tablier gris (encore !) foncé .
– Vous êtes Marc Spenser, celui qui devait arriver plus tôt à cause d’une histoire de transports, je suppose ?


1 commentaire:

Michèle a dit…

les jeunes années des uns et des autres sont ranimées: celles des lecteurs et de l'auteur...