jeudi 7 janvier 2010

Marc et Animia - Episode 32

Chapitre 7 : Le voyage - Partie 1/2

A l’intérieur de l’engin spatial, un robot vert et blanc m’attendait avec un papier à la main, il me le tendit. Je le pris et le lus :
Cher Marc, Tu peux poser toutes les questions que tu désires à mon robot, voici tout de même quelques renseignements indispensables : tes vêtements de Mungien sont dans la mallette noire que tu devras prendre avec toi, ton costume de voyage se trouve dans le placard blanc 143 que tu feras apparaître en appuyant sur le bouton blanc du tableau J. Ton itinéraire est le suivant : la navette t’amènera jusqu’à la piste de voyage de la planète Mungy où tu prendras la navette spatiale Mc78a qui te conduira à Zywak. Si tu crains d’oublier le numéro garde ma lettre. Pour ta transformation en Mungien débrouille-toi avec le robot. Bonne chance ! Animia

– Eh ! Toi, le robot ! dis-je.
– Oui, monsieur ?
– Comment me transformerai-je en Mungien ?
– Si monsieur veut bien me suivre.
– Appelle-moi Marc, d’accord tas de ferrailles !
Je ne sais pas trop pourquoi je lui avais dis ça, je voulais peut-être voir comment il allait réagir.
– Marc, si je puis me permettre, je ne suis pas un tas de ferrailles, mais un robot RMNC3 : Renaissance Matérielle Non Catastrophique 3ème essai.
– Ah ! Bon, où va-t-on ?
–Par-là.
RMNC3 me montrait un couloir sombre, qui me sembla peu engageant, mais j’y pénétrai suivi du robot. Le couloir débouchait à une petite salle où se trouvait une sorte de table, si le robot n’avait pas été derrière moi, j’aurais rebroussé chemin car tout cela me semblait un peu trop mystérieux.
– Marc, allongez-vous sur cette table !
– C’est quoi cette table ?
– C’est une plate-forme de moulage.
Rassuré, je me couchai dessus, bien qu’un grain d’inquiétude subsistât encore en moi. Je vis avec frayeur un gros bloc blanc descendre sur moi, je voulus me lever mais une force inconnue me retint à la plate-forme, j’étais comme aimanté à celle-ci. Je maudis dans mon esprit les inventions Zywakiennes. Le temps de penser tout cela, le bloc n’était plus qu’a quelques centimètres, j’arrêtai de respirer pendant un instant et tout à coup une chose gluante se déposa sur moi. Miracle ! Je sortis indemne de l’opération. Je pus cette fois me lever sans difficultés, mais hélas le robot m’intima:
– Retournez dessus, mais dans l’autre sens !
J’y retournais de mauvaise grâce, mais je n’avais plus aucune appréhension, ce n’était plus qu’un mauvais moment à passer. Je subis une autre fois l’épreuve du bloc (quel contact désagréable !) puis le robot d’Animia m’annonça :
– Il faut se dépêcher, j’ai besoin de vous pour les essayages.
– Quels essayages ? demandai-je intrigué.
– Celui de votre peau de Mungien, si le moulage a été mal fait, il faudra ajuster la peau ou recommencer le moulage.
Nous entrâmes dans une pièce qui me parût autant antipathique que l’autre : de grandes machines recouvraient les murs, elles étaient au moins munis d’une centaine de boutons de couleurs et de tailles très variées. Le robot d’Animia se rapprocha d’un appareil rouge et gris possédant une manette géante qui m’impressionna. RMNC3 tira sur la manette sans aucune crainte et une espèce de vêtement vert et noir sorti de la machine. Immédiatement mon cerveau fit le rapprochement avec la couleur de la peau des Mungiens.
– Voudriez-vous essayer ça ? me demanda le robot.
– Comme si j’avais le choix !
Le costume dégageait de la chaleur et la matière ressemblait à du caoutchouc. Avant de l’enfiler, autant par curiosité que par prudence, je demandai :
– C’est fait en quoi ?
– En peau d’un animal inoffensif qui se crée à volonté des peaux, ce n’est dangereux pour personne d’en porter.
Sans plus m’interroger, je quittai mes habits de Terriens et enfilai ma fausse peau de Mungien. Le robot poussa sur un bouton et une glace apparut, je me regardai dedans et constatai que c’était comme une seconde peau.
– Marc, j’ai besoin d’une mèche de vos cheveux pour faire fabriquer la crinière Mungienne.
Sans attendre ma réponse, les mains du robot munis d’une toute bête paire de ciseaux s’approchèrent de moi, et tchac, une mèche de mes cheveux vola. D’une main, le robot l’attrapa au vol. Il se dirigea vers une petite boîte carrée, et il glissa ma mèche dans la fente de celle-ci. La boîte émit un drôle de bruit, se mit à crachoter et une longue, épaisse et noire chevelure sortie du minuscule carré. Le robot déposa avec soin la crinière sur ma tête, et tel un coiffeur avec ses ciseaux, il la recoupa de façon à faire une coupe de cheveux Mungienne et il fixa les cheveux par je ne sais trop quel moyen à la fausse peau de Mungien. Mes faux cheveux descendaient jusqu’au bas de mon dos. RMNC3 mit à chacun de mes doigts un revêtement en métal souple qui ne ressemblait à rien de ce que je connaissais.
– Peux-tu me dire quelle est cette matière, RMNC3 ? demandai-je.
– C’est du Vanacaou, un métal très dur qui ne fond pas à la chaleur, mais devient très malléable dès que la température atteint 350 degrés.
Il apporta ensuite une affiche représentant un Mungien et la glace, en comparant les deux je constatai que c’était très ressemblant mais je ne fus pas vraiment étonné. Ensuite j’obtins mon costume de voyage en suivant les instructions d’Animia, il était noir et blanc et se mariait très bien avec ma fausse peau.
Quelques instants plus tard, le robot me tendit une valise noire et une combinaison spatiale. Elle me fit penser aux combinaisons de nos astronautes mais en plus perfectionnée, je possédais une ceinture à laquelle était accrochée une étrange arme. D’ailleurs tout était bizarre ou presque depuis que je correspondais avec Animia ! Pour tirer, comme me l’apprit RMNC3, il fallait appuyer sur le bouton bleu, il y avait aussi un grappin fixé dessous mon poignet. Cependant, malgré un tas d’autres gadgets qui font partie des détails guère passionnants, la combinaison était relativement légère.
– Marc, il faut sortir, vous êtes à bon port.
J’allais bientôt sortir pour rejoindre la plate forme d’embarcation où se trouvait la navette qui me conduirait sur Zywak, j’aurais certainement pus rester dans la navette d’Animia, mais pour ses parents je devais venir d’une navette de Mungy.
– C’est par où la sortie ? interrogeai-je d’une voix faussement tranquille.
Le robot ne répondit pas et se contenta de taper un code sur un clavier, une cloison coulissa et la plate-forme d’embarquement apparut dans mon champ de vision. Comme je ne bougeais pas, RMNC3 me poussa dehors, et referma la porte. Et je me retrouvai seul avec des extraterrestres, heureusement grâce à la lettre d’Animia, je trouvai relativement rapidement la navette dans lequel j’accomplirai le voyage. Un homme ou plutôt un extraterrestre me demanda :
– Prenez-vous cette navette ?
En me parlant ses six yeux tournaient dans tous les sens et son troisième pied tapait nerveusement le sol. (J’avais heureusement gardé le traducteur qu’Animia m’avait donné quand elle était venue car ça aussi c’était un petit détail que nous avions oublié.)
– Effectivement, je prends cette navette.
– Je suis le médecin de bord et je fais aussi à l’occasion office de steward et vous vous êtes ?
– Un passager.
– Mais encore ?
Je restai muet un instant car Animia ne m’avait rien dit sur ce que je pouvais faire, je n’avais même de nom Mungien. Qu’allais-je répondre ? J’optai donc d’éluder la question.
– Puis-je entrer dans la navette ?
– Bien sûr, vous aurez le choix des places vu que personne n’est encore arrivé. Savez-vous que vous êtes vraiment en avance ? Si vous avez envie, j’en profiterai pour vous faire visiter un peu le vaisseau spatial, ainsi vous pourrez savoir quelle place vous préférez, monsieur... ?
Une fois de plus, je fus ennuyé, qu’allais-je lui dire ? Comment éviter de dire mon nom ? A moins que le traducteur qu’il avait ne traduise aussi mon nom Terrien, mais en quoi au juste ?
–Vous êtes de quelle planète ? demandai-je espérant détourner la conversation.
– Eh ! Mon gars si tu espères ne pas avoir à me dire ton nom, tu rêves !
Le passage au tutoiement ne me parut pas de très bon augure.
– Hein ? Mon traducteur est légèrement défectueux, tu peux me répéter de quelle planète tu viens ? dis-je, mentant effrontément.
– Je viens d’Assora, et maintenant dis-moi ton nom ou alors je réclame ton passeport. répondit le médecin d’une voix légèrement traînante
Qu’allais-je décider ? J’allais risquer de dire mon nom Terrien en espérant que son traducteur le transformerait, mais au dernier moment je me ravisai et baragouinai quelque chose :
– Je m’appelle Grimfilk Gastorien, je viens de Mungy.
L’Assorien me fit un grand sourire, dévoilant ainsi d’énormes dents qui auraient pu me broyer les os en quelques minutes à peine. Je le suivis dans la navette où il me montra la cuisine, le poste de pilotage, l’infirmerie et les sièges des passagers où il me laissa choisir ma place. J’étais un peu étonné car sur Terre chacun avait son numéro de place, alors que là le premier arrivé était le mieux servi. Je m’installai près du poste de pilotage dans les places du devant. L’Assorien revint avec une télécommande avec laquelle il ouvrit au-dessus de mon siège un casier que je n’avais pas remarqué, il y mit mes bagages.
– Alors Grimfilk, on s’éloigne de mon infirmerie qui se trouve à l’arrière de l’appareil ?!
– Pas du tout ! protestai-je avec véhémence.
Ses huit mains m’empoignèrent et il me secoua vigoureusement, je ne bronchai pas. Ce n’était pas par courage, car je n’étais pas spécialement courageux, d’ailleurs j’avais peur de ce monstre, mais il me paraissait moins à craindre que des machines ou des robots ; et je pensais que de toute manière je ne pouvais pas faire grand mal à ce colosse.
– Allons Grimfilk le Mungien, ne me raconte pas d’histoire, si tu as quelque chose à cacher, je le découvrirai.
J’espérais bien que non ! Je ne me donnai même pas la peine de répondre, comme je restais muet, il me souleva et m’approcha de ses longues dents. Je ne frémis pas, j’avais réfléchi qu’il ne pouvait pas me faire du mal, j’étais un client et en plus il y avait plein de monde pas loin. Remarquez que je ne connaissais pas grand chose aux lois des T.N.D.P.
– Tu n'es pas un Mungien craintif, toi dis donc ? Ce n’est pas comme tes congénères !
Je pouvais difficilement laisser l’Assorien insulter les Mungiens, vu que j’étais sensé en être un, aussi je m’exclamai :
– Les Mungiens n’ont jamais peur !
– Les Mungiens ont peur, la majorité des Mungiens auraient tenté de m’attaquer dès la première secousse, mais toi tu restes impassible.
Voyant qu’il n’avait apparemment pas l’intention de me faire le moindre mal, je dis pour tourner la chose en plaisanterie :
– Ce n’est pas que la position soit inconfortable, mais j’aimerais sentir le sol sous mes pieds.
– Aucun problème, mais il n’y a pas de doute, tu n’es pas un Mungien comme les autres !
– Ah ! dis-je simplement.
Alors que je pensais : « Mais ce n'est pas vrai, mais c’est impossible, tu es incorrigible : tu t’es déjà fait remarquer ! » L’Assorien s’éloigna pour vaquer à ses tâches, moi je m’assis à ma place et je m’assoupis.

1 commentaire:

Michèle a dit…

Quelque part nous sommes tous un faux mugien , bien caché dans une fausse peau!