mardi 5 janvier 2010

Faire goûter aux lecteurs...



Après avoir proposé un exercice de description d'un tableau, voici un nouvel exercice d'écriture toujours dans l'optique de faire utiliser aux lecteurs leurs cinq sens à l'aide de simples mots.
Cette fois, nous aborderons le goût.

S'il s'agit d'un aliment inventé par l'auteur, il faudra nécessairement le rapprocher de saveurs connues du lecteur.
Si l'aliment existe en vrai, l'auteur a intérêt à y avoir déjà goûté pour le décrire.
Cependant, on n'oubliera pas que chaque palais est différent, ce qui fait qu'un personnage peut ressentir du déplaisir même pour un aliment considéré habituellement comme délicieux. Détester les plats trop sucrés ou trop épicés peut contribuer à caractériser un personnage.

Bref, prenons un exemple où il s'agit de faire savourer aux lecteurs un pain au chocolat qu'un personnage amateur de viennoiserie mange à son petit déjeuner.

L'écrivain doit-il se sacrifier et manger un pain au chocolat ? La gourmandise aurait tendance à me faire répondre que oui, toutefois, se baser sur le souvenir d'une dégustation de pain au chocolat marche aussi.
L'astuce consiste à décrire l'aspect et l'odeur de l'aliment afin de mieux rendre son goût...

Exemple :
Pauline sortit de l'emballage papier le pain au chocolat qu'elle venait d'acheter chez le boulanger. Une délicieuse odeur lui chatouilla le nez tandis qu'elle l'approchait de sa bouche. Sa couleur miel lui donnait un air terriblement appétissant. Sans plus attendre Pauline mordit dans son moelleux. La pâte feuilletée se défaisait lentement sous la dent tandis que les deux petites barres de chocolat noir fondaient dans la bouche. Il n'était ni trop gras, ni trop sec. Remerciant silencieusement le boulanger de lui en avoir donné un tout frais, Pauline, un léger sourire flottant sur ses lèvres, fit un sort à son pain au chocolat.

N'hésitez pas à décrire, à votre tour, la dégustation d'un aliment dans les commentaires...

5 commentaires:

Tom Hate a dit…

J'entre dans la maison, une délicieuse odeur me chatouille le nez. La tomate, c'est de la tomate. mmmmm!. J'adore ça. Il faut dire que mon père en cultivait dans son jardin. C'étaient de succulentes tomates, cueillies fraîches et mûres! Et parfois mangées à même le pied.

Il en cultivaient de plusieurs sortes suivant les années. La ronde, l'allongée, la petite cerise, la coeur de boeuf et bien d'autres encore.
Elles se savouraient à tout moment de la journée, une petite faim et hop! un tour au jardin entre les plants de tomates à la recherche de La tomate avec un grand L. Rien que cette recherche était un plaisir. L'odeur des plants sous le soleil est tellement particulière et certaines tomates aiment à se cacher sous les feuilles, elles espèrent peut-être y rester un peu plus que leur soeurs.

Elles étaient luisantes et lisses, si agréable au toucher et d'un rouge qui oscillait entre le vermillon et le carmin. Elles étaient presque sucrées, leur peau fine dès qu'elle était mordue, laissait un jus légèrement piquant se répandre dans la bouche. Et parfois même coulait à côté. le dos de la main nous aidait à garder la face... propre. De petites graines donnaient de la texture et roulaient sur et sous la langue. Parfois une ou l'autre se glissait entre deux dents et c'était alors difficile de la déloger. Une deuxième tomate pouvait aider, n'est-ce pas? On sait quand on commence et on ne sait pas s'arrêter. C'est tellement bon. Leur pulpe donnait du moelleux aux bouchées. J'ai toujours aimé le moelleux. Il fallait quand même s'arrêter à un moment ou à en autre. Si le repas suivant était trop proche, on obtenait un regard en coin des parents qui se demandaient pourquoi nous ne mangions pas plus. Depuis j'ai toujours beaucoup de mal à acheter des tomates du commerce aux engrais chimiques et sans soleil. C'est vrai, celles du jardin de mon père en Provence étaient imbattables.

Michèle a dit…

Une photo et un texte qui mettent en appétit...
un exercice à faire en perspective...
c'est noté!

Une gourmande a dit…

Attention sourire ou manger il faut choisir!
un grand sourire après?

Michèle a dit…

Oranges
Les monceaux d'oranges brillaient au soleil tunisien ,les cueilleurs nous en tendaient généreusement quelques unes. Ces "pommes d'or" ne ressemblaient guère aux fruits que je connaissais.Leur peau grenue, luisante et souple, cédait très facilement sous une légère pression des doigts. Cette peau s'ouvrait en étoile, toute duveteuse à l'intérieur et d'un blanc crème, qui contrastait avec la vive couleur orange du fruit rond, un peu translucide, en harmonieux quartiers . La grande finesse de la pellicule entourant chaque quartier expliquait cette luminosité et la délicatesse de la texture.Peu ou pas de pépins rencontrés dans les morceaux de fruits, qui fondaient dans la bouche.Ces quartiers, suaves, recélaient un jus exquis et délicieux, qui réjouissait toutes les papilles.L'odeur faisait un peu tourner la tête et La chaleur
incitait à se désaltérer en savourant davantage de ces tendres fruits.

Yannick a dit…

Pointe de vanille


Petite pointe de vanille
Aux multiples goûts et fourmillent
Tes monts enneigés parfois encombrés
Des copeaux amers saveurs de mystère
De fleuves mielleux sillons trop sucrés
Souffrent mon palais des goûts de l'éther
Crème aux engelure d'onctuosité
Qui fond comme un moelleux chocolaté

Petite pointe de vanille
Aux multiples goûts qui fourmillent
Éphémère saveur d'hiver
Sous ces grands parasol d'été
Des impressions d'éternité
Des souvenirs qui se déterrent
Vague de mer salée presque à pleurer
Qui roule vers mon cœur réconforté

Pointe de vanille
Et goûts qui fourmillent
Caresse au palais
Et brise d'été
Souvenir d'une fraction azurée
Et oubli lent fragment d'éternité