jeudi 11 décembre 2008

Il était une fois - Episode 11


– Un cauchemar terrible ! dirent d'une seule voix le chevalier, le centaure, l'oracle et le lutin.

– Vous en faites du bruit pour un mauvais rêve, protesta Kinglion.
– Allons voir chez les filles, si tout va bien, proposa Vérité.
Ils se levèrent et sortirent de leur tente pour entrer dans l'autre. Vérité resta légèrement en retrait, gêné. Nyssa était en larmes. Yvi paraissait bouleversée. Ornella gémissait doucement. D'ailleurs, à bien y regarder, les compagnons de Vérité n'avaient pas l'air en forme non plus : Libellule tremblait, le chevalier avait les yeux rougis, le centaure respirait par saccades et Pierrot semblait perdu.
– J'ai fait un horrible cauchemar, pleurnicha Nyssa.
– Pareil, dit calmement Yvi qui était encore toute blanche.
– C'était affreux, murmura Ornella d'une voix étranglée.
– Allez, rassurez-vous, vous êtes de retour dans la réalité, finis les cauchemars, affirma Vérité.
Au moment même où il prononça ses mots, la tente fut soulevée, et la terre trembla. Sous les yeux ébahis de nos amis, un géant à l'allure monstrueuse apparut et tenta d'écraser Libellule. Alors les évènements se précipitèrent. Une nuée d'insectes rouges se jeta sur Piscis. Ornella devint comme folle et se mit à taper sur Nyssa. Le chevalier prit la fuite de toutes ses jambes. Vérité se vit encerclé par des araignées noires, grosses comme une main, qui se déplaçaient à une vitesse incroyable. Pierrot perdit la vue et Yvi se mit à vieillir à tout allure. Seul Kinglion n'était pas inquiété, aussi, voyant le désastre qui se produisait sous ses yeux, il réagit à la vitesse de l'éclair. Il assomma d'un coup de patte Ornella et Nyssa. Il rattrapa le chevalier en fuite et le frappa. Il s'occupa ensuite de tuer des araignées pour que le troll soit libre. Vérité se précipita alors sur le géant et commença à grimper sur sa jambe afin de l'empêcher d'aplatir le lutin. Les araignées le suivirent, perturbant un peu plus le géant. Kinglion s'occupa enfin de Piscis qu'une nuée impressionnante d'insectes entourait. Chaque insecte collée sur la robe blanche du centaure ressemblait à une tache de sang. Tout à coup, le géant perdit l'équilibre et tomba sur Libellule, Nyssa et Ornella. Tous les malheurs étaient arrivés avec le géant et à sa chute, ils disparurent. Seul le géant demeura, affalé de tout son long. Cependant, le retour au calme ne soulagea pas vraiment nos amis. Le centaure saignait à plusieurs endroits de sa partie chevaline, et le troll ne pouvait s'arrêter de frissonner comme si les araignées le touchaient encore. Yvi pleurait silencieusement tandis que Kinglion reprenait son souffle. Enfin, ils regardèrent le corps du géant. Trois d'entre eux, étaient-ils morts ?
– Il faudrait soulever le géant, dit Vérité sans cesser de trembler.
Etait-il possible qu'Ornella n'ait pas survécu ?
– Infaisable ! s'exclama Kinglion l'air épuisé.
– On n'est pas assez fort pour cela. Il faut être réaliste, ajouta le centaure.
– Non, on doit essayer quand même. Avec un levier peut-être? suggéra le chevalier qui avait reprit ses esprits et qui voulait laver la honte que lui procurait sa fuite.
– Il n'y a pas une seule branche solide sur ses arbres noircis, contra Yvi qui sanglotait toujours.
– Les astres sont obscurs, et leurs fils de vie ne sont plus visibles. Ceci dit, ils sont peut-être encore en vie, annonça Pierrot avec un calme étonnant.
– Combien peut-il peser ce géant ? interrogea le chevalier.
– Dans les une ou deux tonnes sans doute, murmura Yvi.
– Il y avait peut-être des creux dans le terrain, dit Vérité.
– Nyssa et Ornella étaient sur un monticule, je m'en souviens, intervint Kinglion.
– Alors, on tente quelque chose ? proposa le chevalier. S'ils sont vivants, ils doivent manquer d'air là-dessous.
– On pourrait peut-être soulever un bras de ce tas de chair, répondit Vérité visiblement triste.
Les compères firent un essai sur l'un des bras, mais ils purent seulement le faire bouger légèrement. Il firent le tour du géant, cherchant sans succès le meilleur endroit pour le soulever. Ils appelèrent Libellule, Nyssa et Ornella, puis collèrent l'oreille tout contre le géant dans l'espoir d'entendre une réponse, mais en vain. Ils ne surent jamais combien de temps, ils restèrent là, à tenter de déplacer la montagne de chair.
Finalement l'âme en peine, ils se décidèrent à abandonner les lieux. Si leurs compagnons avaient été vivants, il y a longtemps qu'ils se seraient manifestés. La mort dans l'âme, ils rassemblèrent leurs affaires et préparèrent leur départ. Et puis, il fallut vraiment partir. Nos héros, désormais réduit au nombre de six, s'éloignèrent, non sans que Vérité ait jeté un dernier regard en arrière.


3 commentaires:

Anonyme a dit…

meilleur bout
meilleur endroit ?

Michèle a dit…

morts, des héros? ah non on attend de les retrouver!

Cécile a dit…

Merci pour les différentes corrections.
J'ai remplacé bout par endroit. :)