jeudi 29 janvier 2009

Il était une fois - Episode 17


– Tout ça, c'est parce que je suis mi-homme, mi-taureau !

– On dit que vous tuez tous ceux qui s'aventurent dans votre labyrinthe, intervint Ornella.
– Des racontars ! Cependant, si on m'attaque, je me défends !
– Pourquoi, à une époque, demandiez-vous qu'on vous envoie des jeunes gens ? demanda Vérité.
– Simplement parce que je me sentais tout seul, je voulais des amis. Malheureusement, il me frappaient sans m'écouter. Et si vous veniez chez moi ?
– J'aurais une fâcheuse tendance à dire non, par simple prudence, répondit Vérité.
– Vous pourriez vous restaurer, j'ai de la bière en trop... dit le Minotaure.
– Bon, je suis partant. Qu'en penses-tu Ornella ?
– Ah ces hommes ! Pardon, ah ces trolls, tous les mêmes ! s'exclama la sorcière.
– C'est un oui ? demanda le troll.
– Allons-y ! trancha le Minotaure.
– Vous pourriez nous guider ensuite hors du labyrinthe ? demanda Ornella tandis qu'ils marchaient pour se rendre dans l'antre du Minotaure.
– Ma foi, non. Je serais sorti depuis longtemps sinon. Mais, je connais le chemin jusqu'à chez moi.
Dans un cul-sac du labyrinthe, un grand lit, une table et un banc étaient disposés. Sur le côté, il y avait un petit foyer et un tonneau de bière. Le troll et le Minotaure trinquèrent tandis qu'Ornella assise au bord du banc grignotait pensivement. Brusquement le Minotaure se tourna vers elle, l'empoigna et il la ficela. Le troll arriva sans se presser, comme au ralenti, puis s'immobilisa complètement. Il avait beau essayer de bouger, il n'y arrivait pas, ses membres étaient statufiés. La sorcière désormais attachée aux montants du lit, voulut ouvrir la bouche pour transformer le Minotaure en un vulgaire crapaud, hélas, celui-ci croyant qu'elle allait crier, c'est-à-dire lui casser les oreilles, la bâillonna d'un geste vif.
– Le coup de mettre de la potion de raideur dans la bière marche toujours, déclara-t-il. Comme d'habitude, je vais pouvoir tranquillement m'occuper de la femme tandis que l'idiot de service sera forcé de regarder. Cela faisait longtemps que je n'avais plus vu de jeune beauté...
D'un coup de corne, il arracha l'habit d'Ornella. La sorcière n'avait pas peur, mais elle était en colère et, puis pas qu'un peu ! Vérité lui aussi était furieux. Encore et encore, il essayait de bouger. Dans le labyrinthe, il n'y avait que le Minotaure pour être heureux, mais cela ne dura pas longtemps. Pourquoi ? Tout simplement parce que le troll, dès qu'il eût réussi à se déplacer, l'empoigna violemment, l'écrasa contre le mur, et le cogna jusqu'à ce qu'il soit K.O.
– Heureusement que je n'avais pas bu toute la chope de bière parce que je lui trouvais un drôle de goût.
– Le mieux aurait été de ne pas venir en boire, répliqua la sorcière.
Puis, voyant que Vérité, la regardait avec un intérêt un peu trop prononcé, elle prononça une formule qui la rhabilla.
– Tu étais aussi bien avant...
– Pour marcher dans le labyrinthe, non, pour faire ce que je lis dans tes yeux, oui...
– Tu ne sais pas lire dans mes yeux.
– Vraiment... Et que disent-ils donc alors ?
– Mes yeux déclarent qu'ils t'aiment tout en pensant que tu pourrais les remercier de t'avoir sauvée...
– Merci, maugréa Ornella.
– Ne pourrais-tu pas me remercier plus chaleureusement ?
– Peut-être, mais tes yeux voient mal. Comment peux-tu dire que tu m'aimes ?
– Parce que cela est la vérité, et plutôt que de tourner autour du pot...
– Demain, quand tu verras que tu t'es trompé, que feras-tu ?
– Pourquoi serais-je en train de commettre une erreur ? De toute façon, il faut savoir tenter !
– Tu espères me convaincre avec ces maigres arguments, tu me connais mal !
– C'est parce que que tu ne veux pas te faire connaître.
– Tu n'as qu'à lire dans mes yeux.
– Je n'ai jamais prétendu lire dans les yeux des gens, moi, rétorqua Vérité.
– Cette discussion devient fatigante... Finalement, au lieu de m'emberlificoter la tête sous le prétexte d'être raisonnable, je vais laisser parler mon cœur... déclara Ornella et sans plus tarder, elle embrassa Vérité qui mit un moment à se ressaisir, tellement, il était surpris.
– Franchement, on ne peut pas vous laisser seuls 5 minutes !
Ornella s'arracha aux bras de Vérité et essaya de voir d'où venait la voix moqueuse.
– Au-dessus de vos têtes les amoureux !
Dans un bel ensemble, nos deux amis levèrent la tête et aperçurent Libellule.
– Pendant que certains cherchent la sortie, il y a des gens qui se reposent, c'est honteux ! s'exclama le lutin avec un amusement évident.


1 commentaire:

F. Deferre a dit…

Cela ne tient qu'à un fil...