mercredi 4 mars 2009

Il était une fois - Episode 25


– C'est encore une de vos blagues... dit le chevalier.
– Je ne crois pas non, affirma la sorcière en foudroyant un serpent qui approchait un peu trop près.
– Encore une bataille, comment si on avait pas eu assez d'ennuis, maugréa Libellule.
– Ce n'est que le début de vos soucis, siffla un serpent.
– Je dirais même plus, ce n'est que le tout début de vos soucis, grinça un autre serpent.
– Quels persifleurs ! s'exclama Vérité.
Persifleurs, nous sommes de vils serpents,
Nous courons sur le sol en rampant.
Admirateurs des pires choses qu'il y a sur terre,
Nous adorons mettre les gens en colère.
Méchants nous sommes, méchants nous resterons,
Nous distillons partout où nous allons, notre poison.
– Taisez-vous, bestioles infâmes ! Arrière ! cria le Chevalier en tuant un des serpents d'un coup d'épée.
– Tuez-nous si vous voulez, c'est d'ailleurs même dans votre intérêt, nous, en attendant, nous allons persifler un peu...
Nos amis ne daignèrent pas répondre, et commencèrent à frapper les serpents volants qui descendaient un peu trop bas. Cependant, cela ne les fit par taire.
– Nous savons beaucoup de choses sur vous. Notre maître nous a tout dit de vos faiblesses...
– Stupide reptile sans tête et sans âme, cria Vérité en essayant de flanquer un coup de massue au serpent qui venait de parler.
– Une araignée glisse dans ton dos, ne la sens-tu pas ? Quand je pense que tu oses dire que tu es un troll, Vérité Foi... Tu n'es qu'une immonde limace craignant les araignées. Regarde ton poil calciné, encore un peu et tu ressembleras à un homme, ces créatures stupides.
– Arrête ton persiflage, serpent de malheur, ou je vais te changer en crapaud, ordonna Ornella menaçante.
– Vérité Foi se faisant défendre par une femme qui aime la noirceur, qui est attirée par les ténèbres ! Approche encore ma jolie et elles t'engloutiront. Rejoins-nous, poupée, tu n'es pas lumière, tu es obscurité, ricana le reptile.
– Tu peux dire ce que tu voudras, tu parles le langage de la fausseté, déclara Vérité, qui se sentait malgré lui blessé dans sa fierté.
– Il ne manque plus qu'à cette pieuse déclaration, l'expression qui prétend que la bave du crapaud n'atteint pas la blanche colombe. Vérité, quelle laide colombe fais-tu !
Nos amis répondirent en coupant en rondelles d'autres serpents, mais ne prononcèrent pas un mot.
– Vous ne savez pas quoi dire, mais nous si. Nous avons plein de commentaires savoureux sur chacun d'entre vous, pleins de jolies critiques : le détrousseur de cadavres, le marieur et le blagueur, te reconnais-tu misérable lutin ?
– Je crois que cela ne sert à rien de tuer les serpents, ils ne s'en iront qu'une fois qu'ils auront sorti leur venin. Ils sont dangereux par leurs paroles et non par leurs actes, annonça Yvi.
– Oh ! La blonde, la seule blonde intelligente a parlé, aurai-t-elle dévoilé notre secret ? Mais pourquoi est-ce que je parle de blonde, ce n'est plus qu'une tête grisonnante que je vois ! Des vilaines rides barrent son front, son dos est courbé par la vieillesse.
– Et si nous chantions pour faire taire leur persiflage ? proposa le chevalier.
– L'idiot du coin à une idée. Quelle miracle ! Où as-tu caché ton nom, pleutre ?
– Mais que pourrions nous chanter ? demanda Nyssa.
– Tiens, tiens l'elfette se réveille, cela te dirait de cauchemarder un peu, mocheté ? Quel horribles cheveux roses ! Et ces oreilles, on dirait un âne ! Dis, princesse, ne veux-tu pas nous guérir de tes petites mains d'ânesse ?
– Chantons l'hymne nationale de Lostland, suggéra le centaure.
– Alors poisson, tout baigne ? Mon petit Piscis, tu prendras bien un peu d'eau, mais si, tu en manques...
Les dix compagnons se mirent à chanter en choeur, couvrant le persiflage des serpents :
...Pays perdu et lointain, étrange et mystérieuse contrée,
Région des nains, des géants, des rois et des fées,
Tu es plein de vie, de doux rêves enchanteurs,
Tous tes habitants te portent dans leur cœur.
Pays où règne la paix, paradis où tout se réalise,
Landes enchantées, où les fleurs font des vocalises.
A mon tendre Lostland, tous veulent venir y vivre,
A mon doux pays, par tes parfums tu nous rends ivre.
Tu nous conduis sur la tranquille pente des rêves,
Lors de nos merveilleuses promenades sur la grève.
A qu'il fait bon d'être vivant dans le pays merveilleux,
Où tout est superbe sous les cieux paresseux.
– Vous chantez faux ! Et dès qu'il y a du silence, nous pouvons recommencer nos critiques...!

1 commentaire:

Michèle a dit…

L'agression verbale,il fallait y penser!
qui va clouer le bec(?) de ces serpents persifleurs?