jeudi 27 novembre 2008

Il était une fois - Episode 9


Libellule ne pensait pas à grand chose, car il commençait à s'endormir, bien au chaud dans la poche de la veste d'Yvi où il ne voyait pas le sinistre paysage. Les dangers ne l'inquiétaient guère, ils n'étaient pas de sa taille ! Ornella, elle, savourait la beauté ténébreuse du nouveau paysage de Lostland, non sans regretter l'inconfort de sa selle. Kinglion, pour sa part, était blasé et lassé. Il avait l'habitude des lieux sinistres et pensait surtout à la malédiction qui le forçait à courir de quêtes en quêtes. Vérité, le troll se moquait également du paysage, en revanche, il était impatient de se battre, car il pourrait alors montrer sa valeur et être admiré... en particulier par une jolie sorcière brune prénommée Ornella. Pierrot était également indifférent au paysage, il ne le voyait pas vraiment tel qu'il était, mais tel qu'il pourrait l'être, aussi, alternativement, le paysage était éblouissant, puis noir désespoir. Cependant, Piscis et le chevalier étaient sous l'influence du paysage et ils étaient mal à l'aise. Piscis sentait s'infiltrer en lui la noirceur de la nature empoisonnée par le mal et craignait à tout instant de s'écrouler sous le poids terrible qui lui oppressait la poitrine tandis que le chevalier était rongé par l'inquiétude. Il se demandait s'il serait à la hauteur de la tâche qui l'attendait, si les paroles de l'Oracle étaient vraies, s'il devait se présenter aux autres, car, après tout, il n'avait même pas dit son prénom ! De son côté Yvi ne pouvait s'empêcher d'être inquiète quand son regard tombait sur les mèches grise de sa chevelure de miel. Elle chassait toutefois vite la crainte de son esprit afin de réfléchir aux épreuves qui les attendaient. Quant à Nyssa, elle râlait intérieurement, se demandant ce qu'elle faisait là, ce qu'elle était venue y faire et pourquoi on avait besoin d'elle. Elle avait peur, elle avait froid, faim. Elle était fatiguée, elle avait mal partout... bref elle en avait plus qu'assez ! Ce fut donc elle qui brisa le silence la première :

– Hé, dites, on s'arrête bientôt ? Je n'en peux plus, je ne veux pas continuer plus longtemps.
– C'est vrai que les chevaux sont fatigués et que cela fait longtemps qu'on n'a pas mangé, approuva Yvi qui était également épuisée, mais qui n'avait pas osée demander une pause.
– D'accord, mais d'abord nous devons trouver un endroit pratique pour dormir, déclara le chevalier.
– Difficile dans ce paysage, répliqua le centaure.
– Je trouve qu'ici ce serait très bien pour camper, intervint Ornella.
– Pourquoi on continuerait pas un peu pour voir ? demanda le troll.
– Allons, j'en ai moi aussi plein les pattes, arrêtons-nous ici, dit Kinglion.
– Il suffit d'organiser un vote. Ceux qui veulent camper ici lèvent la main, proposa Pierrot.
– Qu'est-ce qui se passe, pourquoi on bouge plus ? interrogea Libellule qui venait de se réveiller.
– En voilà un qui suit ce qui se passe ! s'exclama le centaure.
– On vote, expliqua Nyssa.
– Alors qui vote pour s'arrêter ? demanda Yvi bien fort.
Nyssa, Yvi, Ornella et Kinglion levèrent la main... enfin, la patte dans le cas de Kinglion, mais personne d'autre ne réagit. Ornella lança alors un regard séducteur à ses compagnons de voyage. Et bizarrement le chevalier, le centaure et le troll levèrent brusquement la main.
– La majorité est donc pour l'arrêt, trancha Pierrot.
– Et si on distribuait les tâches pour l'installation du camp ? proposa le chevalier.
– Oui, mais qui va décider qui fera quoi ? demanda Kinglion.
– Janvier, c'est à dire Vérité décidera aujourd'hui, demain, ce sera Février et ainsi de suite, suggéra Yvi.
– Bien, répondit Vérité. Alors, Piscis et moi, nous dresserons les tentes, Ornella s'occupera de la cuisine, Yvi cherchera du bois pour le feu, Kinglion trouvera le repas, Nyssa fera les lits, le chevalier et l'Oracle se chargeront des tentes et Libellule établira les tours de gardes de cette nuit.
– Un macho de plus dans Lostland, grommela Ornella.
– C'est juste que je ne sais pas être un chef, c'est tout. Je connais les tâches à réaliser, mais pas les personnes capables de s'en charger au mieux, expliqua Vérité avec une sincérité qui désarma la sorcière.
Ornella se sentit toute bête et prononça diverses incantations. Alors sous les yeux ébahis de ses compagnons, les tentes se dressèrent d'elles-mêmes, les chevaux s'attachèrent à un arbre, de l'avoine apparu, les paquets se déchargèrent, le bois s'accumula, s'enflamma et une marmite pleine de soupe se matérialisa au-dessus. Le camp était prêt, mais Ornella était pâle et visiblement épuisée par l'effort qu'elle venait de fournir. Elle chancela et serait tombée si Vérité ne l'avait pas rattrapée d'un mouvement rapide.



1 commentaire:

Michèle a dit…

la formule d'Ornella pour préparer le camp SVP merci