mardi 14 avril 2009

Il était une fois - Episode 42


– Eh ! Ornella ! Ne pourrais-tu pas nous faire apparaître des chevaux ? demanda brusquement Nyssa qui en avait plein les jambes, qu'elles avaient fort jolies d'ailleurs.
– Je pourrais, mais je ne le ferai pas, répondit Ornella.
– Mais pourquoi ? Je parie que tu as encore oublié la formule, grommela Nyssa qui décidément avait mal aux pieds.
– Non, j'essaye d'emmagasiner mon énergie magique pour la rencontre prochaine avec le mal, expliqua la sorcière.
– Mais nous sommes encore loin, protesta Nyssa.
– Oui, mais il me faudra beaucoup de magie pour parer aux attaques du mal, et nous pouvons encore être attaqués en chemin.
– Ne parle pas de malheurs ! s'exclama le lutin.
– Est-ce que vous avez remarqué que le ciel s'assombrit de plus en plus ? demanda Louve.
– Non, mais c'est vrai, fit le chevalier en levant la tête.
– Comme si la nuit tombait. Les étoiles me manquent, fit l'Oracle interrompant sa tâche un instant.
– Alors cela avance ton déchiffrage de la Prophétie ? demanda Louve.
– Doucement, je vais m'y remettre de suite, déclara Pierrot.
Cette déclaration signa l'arrêt de la conversation générale et chacun se remit à parler avec son compagnon de route. Le ciel était devenu tout noir et ils avaient dû se munir de torches pour avancer. Cependant, malgré leurs flambeaux, ils voyaient mal et sans s'en rendre compte, ils quittèrent la route cendrée pour l'herbe sèche. Nos amis respiraient mal dans l'air lourd, et les paroles qu'ils échangeaient s'étaient raréfiées. Quelquefois, pour chasser la crainte grandissante, l'un deux lançait une phrase brève qui tombait dans le vide. Seuls les bruissements de l'herbe et les craquements des branches sous leurs pieds accompagnaient leur marche aveugle et pesante. Un vent pernicieux soufflait. Fatigués, ils cherchaient vainement un endroit sympathique - un lieu pas trop terrifiant - pour s'arrêter. Le sombre profil de pierres tombales acheva de les glacer.
– Cela vous dirait d'aller dormir en compagnie des morts ? plaisanta Libellule.
– C'est le lieu idéal pour la halte c'est sûr, ajouta Vérité avec humour.
Un instant plus tard, ils eurent encore moins envie de rire. Des tombes étaient sortis d'épouvantables zombies dégageant une odeur de chair putréfiée.
– Cela recommence, j'ai l'impression que cela ne s'arrêtera jamais, soupira le troll.
– On joue, on perd, c'est la vie ! s'exclama Piscis bien las lui aussi de ces perpétuels combats.
– Ils avancent lentement, remarqua Ornella.
– Je conclurai donc que si nous préférons éviter un combat dont l'issue est évidente, nous aurions intérêt à nous en aller discrètement, dit Yvi.
– Traduction résumée des propos d'Yvi : filons ! s'exclama Kinglion.
– Tout le monde se met à faire de l'humour grâce à moi, constata le lutin avec une satisfaction évidente.
– Pour ce que valent tes blagues... commença Nyssa.
– Comment ? Elles sont très bien mes plaisanteries ! s'exclama Libellule faussement indigné.
– Je ne vois pas pourquoi vous ne voulez pas rester avec les zombies, ils sont sympathiques, déclara tranquillement Spiolys.
– Pour éviter de combattre puisque nous savons que nous allons gagner, affirma le chevalier.
– Sympathiques, sympathiques... On voit bien que tu es morte toi ! grommela le lutin.
– Dites, ils sont vraiment près maintenant, remarqua Itnaï, pas rassurée du tout.
– Au fait, pourquoi savons-nous que nous allons gagner ? demanda Louve.
– Bah voyons, nous sommes les héros. Je sais que cela ne se voit pas, mais c'est pourtant vrai, répondit le lutin avec un grand sourire.



1 commentaire:

Michèle a dit…

nos héros fidèles à eux-mêmes progressent vers leur destin...dans une lugubre atmosphère...