mardi 28 avril 2009

Il était une fois - Episode 48


Les démons surveillaient la place, mais stupidement ils regardaient plus haut, et c'est ainsi que le lutin passa tranquillement entre les jambes des monstres. Il était d'ailleurs encore entre les pieds d'une des créatures quand le mal le remarqua, mais trop tard ! La main velue du troll avait récupéré Libellule et la boîte. Le mal hurla de rage et cria sa rancœur, mais ne se découragea pas... pas encore. D'un geste, il ordonna à ses démons de détruire l'église par l'arrière. Les créatures du mal mouraient comme des mouches au contact des pierres sacrées, mais ils étaient si nombreux qu'ils parvinrent à desceller quelques pierres. Pendant ce temps, sous le porche de l'église, nos amis se préparaient. Yvi nettoya la boîte en la frottant contre son pantalon, puis l'ouvrit religieusement. Nyssa s'occupa de Louve et d'Ornella afin qu'elles reprennent conscience, mais l'elfette ne fit pas plus : la protection qu'elle avait donné à Piscis pour arriver à l'église l'avait vidée de ses forces. Sur la main poilue du troll se posa la fine main d'Ornella, sur celle-ci la minuscule paume de Libellule, vint ensuite la main écaillée du centaure, celle à quatre doigts de l'elfette, celle enfantine de Pierrot, celle ridée d'Yvi, celle brunie du chevalier, puis ce fut au tour de la grosse patte de Kinglion, de la main fantomatique de Spiolys devenue matérielle pour l'occasion, et de la douce patte de Louve. La longue main d'Itnaï recouvra le tout. Ces douze mains posées les unes sur les autres se placèrent au-dessus de la boîte ouverte comme l'indiquait la prophétie, puis ils déclamèrent le poème, répétant lentement les mots que prononçaient l'oracle. Il était le seul à connaître le poème qu'il fallait déclamer.


Pour éloigner du monde les tristes horreurs,
Pour rendre la joie à tous les tendres cœurs,
Enfermons et chassons le mal à jamais,
Bannissons le malheur, là où il régnait.

Que seuls désormais vivent les sourires,
Qui peignent le ciel de couleurs joyeuses.
Que seuls se réalisent les plus purs désirs,
Qui emplissent les esprits de choses merveilleuses.

Fini le mal, qu'il meurt dans les flammes,
Pour le repos et la paix de toutes les âmes.
Terminés la misère, les soucis et la maladie,
Qui empoisonnent les brèves vies.

Place aux joies, aux plaisirs et à la tranquillité !
Gardons seulement la douce sève du bonheur,
Donnons à la vie des yeux rêveurs enchantés.
Vivons maintenant dans un monde de couleurs !

Pendant qu'ils récitaient le poème, les démons et le mal essayaient de faire du bruit, de les distraire afin qu'ils ne parviennent pas jusqu'au bout. Cependant, les douze compagnons achevèrent le poème et quand ils eurent prononcé le dernier mot, le mal et ses serviteurs furent avalés, littéralement aspirés dans la boîte qui se referma avec un claquement gourmand. Nos amis étonnés, regardèrent la boîte. Avaient-ils vraiment réussi ? Ils n'en revenaient pas, leur quête était achevée. Encore muets, ils contemplèrent la ville. Celle-ci avait reprit ses couleurs normales, mais son aspect restait sinistre, car elle était détruite et jonchée de cadavres. Au dessus de leurs têtes, le ciel était toujours sombre. Au début, ils ne comprirent pas pourquoi, puis ils virent apparaître la lune et les étoiles. Les couleurs reprenaient leur droit, la vie aussi. Trop fatigués pour bouger, trop étonnés pour parler, ils restèrent installés sous le porche, immobiles et silencieux. Ils observèrent le ciel se réhabituant lentement aux constellations, se faisant doucement à l'idée que maintenant, ils ne risquaient plus rien. Sans vraiment s'en rendre compte, ils glissèrent vers un lourd sommeil sans rêves.
Vers l'aube, ils se réveillèrent, courbaturés et souffrant de leurs multiples blessures. Nyssa bien qu'encore fatiguée se mit à soigner ses compagnons de route. Les premiers rayons du soleil caressèrent la peau de nos amis et réchauffèrent leurs âmes et leurs cœurs. Quand ils furent assez en forme, ils se levèrent et quittèrent avec plaisir la ville morte qui les avait vus souffrir et mourir d'angoisse.


(Fin du Chapitre 8)



1 commentaire:

Unknown a dit…

sains et saufs: ouf!
on souffle!