mercredi 15 avril 2009

Il était une fois - Episode 43


Sur ces mots les douze héros s'en furent en courant pour éviter les zombies qui peinaient pour essayer de les suivre. Seulement ils fuirent les bras des zombies pour tomber dans ceux des squelettes. C'est ce qu'on appelle tomber de Charybde en Sylla. Effectivement après une petite course, nos amis tombèrent sur trentaine de squelettes qui en les voyant entamèrent une petite danse et se mirent à chanter :

– Cruels, nous sommes des squelettes,
Ni le fer, ni la prière ne nous arrêtent.
Quand nos os font de la musique,
Vous prenez de graves risques.
Cousins des vils et persifleurs serpents,
Nous narguons et nous nous moquons des gens.
– Tiens, mais ce sont nos charmants serpents, remarqua Yvi.
– Ils ont tenu leur promesse, hélas, soupira Ornella.
– C'est bizarre, mais j'aurais préféré qu'ils oublient, dit le lutin.
– Qu'est-ce c'est que cette histoire de serpents ? Quel rapport avec les squelettes ? demanda Louve.
– Nous avons déjà eu affaire à ce genre de personnages persifleurs, répondit le chevalier.
– Je me demande de quels mauvais caractères, ils vont nous affliger, déclara Kinglion.
– Vous nous laisseriez en placer une, vous ne vous poseriez pas la question, affirma un squelette qui était parvenu à en placer une avant que Nyssa ne prenne à son tour la parole.
– Mais nous ne voulons pas vous laissez parler, annonça bravement l'elfette.
– Et nous voulons éviter qu'il pleuve, donc nous désirons nous dispenser de chanter, ajouta Spiolys.
– C'est pourquoi je vais vous raconter la fascinante et palpitante histoire de ma vie, annonça Libellule.
– Il va nous endormir avec son histoire. Faîtes-le taire ! s'exclama Vérité.
– Un bâillon ou un coup d'épée ? demanda Piscis.
– Doucement, je plaisantais pour empêcher les zozos tout en os d'ouvrir la bouche même s'ils n'en ont plus, protesta le lutin.
– Cette fois-ci, c'est toi qui n'a pas le sens de l'humour, constata Ornella.
– Si, mais je le cache avec une habileté qui moi-même m'étonne, déclara Libellule avec un sourire narquois.
– C'est la première fois que nous sommes obligés de discuter à ce rythme, déclara Piscis.
– Pour une fois que nous pouvons ne pas être sérieux, que nous avons la chance de pouvoir parler pour ne rien dire, je ne trouve rien à raconter, affirma Vérité.
– Je peux poser des questions si vous voulez, proposa Louve.
– Si par hasard nous étions assez fou pour accepter ta proposition, nous serions encore là demain, à moins que demain ne soit aujourd'hui, car avec ce ciel, on ne peut jamais savoir, répondit Kinglion.
– Quel âge avez-vous tous ? demanda Louve sans tenir compte de la réplique du lion.
– Trente ans, et je suis fier de les avoir, annonça Vérité.
– Un quart de siècle, c'est le nombre d'années qui ont vu passé mes yeux, répondit Ornella.
– J'ai cent ans, ce qui est l'âge de la jeunesse pour un lutin, déclara Libellule
– J'ai trente-cinq ans, dit simplement Piscis.
– Mais ne t'a-t-on jamais appris qu'on ne demande jamais leur âge aux femmes ? interrogea Nyssa.
– Mon père me l'a souvent répété, mais de toute façon, je sais l'âge des gens sans leur demander, répondit l'oracle alors que la question s'adressait à la louve.
– Alors vas-y, ! Dis-moi mon âge, exigea Nyssa.
– Toi, tu as dix huit printemps d'elfe, Yvi en avait vingt, mais le destin lui fait porter maintenant 35 ans de plus, j'en ai 8 passés, Kinglion a deux mille ans, le chevalier en a 19, Spiolys avait 25 ans à sa mort et en a maintenant autant que Kinglion, Louve a 3 ans de vie et Itnaï a 12 ans, déclara Pierrot fort de son savoir d'oracle.
– Le pire c'est qu'il a raison, marmonna Nyssa.
– Eh ! Ils ne sont plus là ! s'exclama Itnaï.
– Qui ? demanda le chevalier.
– Les squelettes.
– Notre stratagème a marché, déclara Yvi
– J'ai cru que je ne parlerai jamais assez vite pour éviter qu'ils ne puissent placer un mot, soupira Kinglion.
– Oui, heureusement, ils sont partis, et j'espère qu'il ne va plus rien nous arriver à présent, murmura Itnaï.
– Nous l'espérons tous, mais nous n'y croyons pas, affirma Yvi.
– Le ciel est de nouveau gris, nous pouvons éteindre les torches et reprendre la marche, remarqua Vérité.
– Cela va être long de marcher jusqu'à la ville ensanglantée, je préférais y être déjà, marmonna Nyssa à qui la marche déplaisait vraiment.
On gagne parfois à se taire. Une violente tempête démarra. Un vent très puissant se mit à souffler, encore et encore. Les arbres se déracinèrent, poussés par l'air, et nos amis furent soulevés de terre et emportés vers l'est par le vent. Se débattant dans l'air, les douze mois avancèrent sans poser un seul pied au sol. Toujours portés par l'air comme de simple feuilles mortes, nos amis arrivèrent aux portes d'une ville sinistre. Le vent cessa et les douze mois atterrirent relativement durement dans l'herbe grise tâchée de sang.
– Te voilà exaucée, plaisanta Libellule qui s'était accroché à la veste d'Yvi afin de ne pas être séparé de sa compagne.
– La ville de la prophétie, annonça simplement l'oracle.
– Le terme de notre voyage se trouve là, ajouta Vérité.

(Fin du chapitre 7)

1 commentaire:

Michèle a dit…

des squelettes bavards on aura tout entendu!